Au centre des discussions il y a quelques semaines, le plan de déconfinement occupe une place beaucoup moins importante dans les débats actuels. L'attention se porte surtout sur les hausses constatées dans tous les indicateurs épidémiques , provoquées par ce que les autorités ont caractérisé de " troisième vague ". La détérioration de la situation sanitaire a même poussé le gouvernement à mettre entre parenthèses le plan plein air, une étape importante du déconfinement qui devait permettre aux Belges, à partir du mois d'avril, de pouvoir à nouveau pratiquer certaines activités en extérieur.



Mais, ce lundi 30 mars, c'est le fondement même du plan de déconfinement que certains experts du GEMS souhaiteraient revoir, selon nos confrères de Het Nieuwsblad . Ces scientifiques, dont font partie Steven Van Gucht et Geert Molenberghs, ne voudraient plus donner de dates précises de réouverture, mais plutôt des seuils et des objectifs à atteindre pour pouvoir relâcher la pression dans l'un ou l'autre secteur.

Motiver la population

"Je comprends que l'on veuille communiquer des dates", a affirmé le porte-parole interfédéral Steven Van Gucht. "Mais nous allons commencer à réfléchir plutôt à des seuils épidémiologiques." Pour le virologue (Sciensano), il s'agirait avant tout de s'attarder sur les chiffres hospitaliers. Rien n'a toutefois été demandé à l'heure actuelle du côté politique quant à l'élaboration de tels objectifs à atteindre pour déconfiner progressivement. Mais les experts veulent s'y préparer, car ils pensent que cette option pourrait s'avérer très intéressante. "L'avantage de tels seuils épidémiologiques est qu'ils permettent de communiquer de façon claire et qu'on peut en faire de véritables objectifs", a estimé le biostatisticien Geert Molenberghs (KULeuven/UHasselt) auprès de nos confrères de Het Nieuwsblad . "Si l'on donne une date, les gens vont simplement attendre d'arriver à ce moment."

C'est précisément pour cette raison que le psychologue comportemental, Maarten Vansteenkiste (UGent), a proposé cette solution, impliquant différents objectifs à atteindre pour motiver la population.

Des seuils déjà fixés auparavant... et oubliés ?

On se souvient que des seuils avaient déjà été envisagés par les autorités pour permettre un relâchement des mesures (800 contaminations par jour et 75 nouvelles hospitalisations par jour). S'ils avaient été fixés à la fin de l'année 2020, le Comité de concertation n'avait plus énormément communiqué quant à ces valeurs de référence par la suite. Au moment d'aborder le plan de déconfinement lors du Codeco du 5 mars, Alexander De Croo a présenté plusieurs dates phares , dont celle du 1er mai pour l'Horeca sans les conditionner à des seuils épidémiologiques.