Les libéraux francophones défendent la prolongation de deux réacteurs au-delà de 2025. La question est suspendue au rapport que la ministre de l'Energie, Tinne Van der Straeten, présentera à ses collègues vendredi.

Dimanche, jusqu'il y a peu partisan d'une fermeture complète des sept centrales, le président du PS, Paul Magnette, s'est montré plus mesuré, soulignant que si les apaisements nécessaires étaient apportés pour la sécurité d'approvisionnement de la Belgique, le problème du coût de l'énergie après la sortie du nucléaire devait également trouver une solution.

Dans ce cadre, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a proposé dans les colonnes de l'Echo qu'une concession soit attribuée à Engie Electrabel pour la prolongation des réacteurs de Doel 4 et Tihange 3. Une concession par laquelle l'État s'attribuerait 10 à 20% de la capacité, soit 200 à 400 MW. Les recettes qui en seraient retirées alimenteraient un fonds contre la précarité énergétique qui pourrait directement alléger la facture de certaines catégories de ménages, ou permettre d'investir dans l'efficience énergétique des habitations. "C'est une invitation ouverte au PS dans la lutte contre les prix élevés de l'énergie", a souligné M. Bouchez.

"Pour le PS, la question du prix doit être assurée quel que soit le scénario. A ce stade, rien ne prouve que le scénario de la prolongation soit moins cher vu la nécessité d'investir dans la sécurité des centrales, et vu le fait que le prix n'est pas fixé en fonction des coûts réels de production mais en fonction du coût marginal", a souligné le PS.

Le mécanisme proposé "est une simple reprise du mécanisme que Paul Magnette avait mis en place quand il était ministre de l'Energie : un prélèvement de la rente (sans prolongation à l'époque!) pour financer le tarif social et les investissements dans le renouvelable", ont ajouté les socialistes francophones.

Samedi, toujours dans l'Echo, M. Bouchez avait également suggéré que dans le cadre des négociations que devrait ouvrir l'Etat s'il veut prolonger les centrales, celui-ci propose à l'électricien de payer "un chèque de plusieurs milliards d'euros" en échange d'une reprise par l'Etat du risque lié au démantèlement des centrales et à l'enfouissement des déchets comme l'a fait l'Allemagne.

"Il n'est pas question pour le PS que l'état reprenne la responsabilité des risques de long terme liés au démantèlement, en contrepartie de la prolongation comme le proposait Georges-Louis Bouchez ce week-end, car ce serait un cadeau de plusieurs dizaines de milliards à Engie", ont affirmé les socialistes.