En septembre dernier, un collectif du nom de "Factor-V" a publié une lettre ouverte à l'adresse des gouvernements et des décideurs politiques, intitulée: "Et maintenant ?". Dans celle-ci, les auteurs demandent un changement dans la stratégie de la lutte contre le coronavirus en Belgique. Pour appuyer leurs propos, ils font part d'affirmations jugées scientifiques: rôle mineur des enfants dans la propagation du virus, effets secondaires sous-estimés des vaccins, efficacité relative de ceux-ci, etc.

Rapidement, cette publication a été largement partagée et commentée sur les réseaux sociaux. Elle a d'ailleurs été signée par plus de 23.000 personnes à ce jour.

En réaction, plusieurs experts, dont Simon Dellicour et Marius Gilbert pour les plus connus dans la presse belge, ont tenu à pointer les faiblesses de ces affirmations avec de nombreuses sources scientifiques pour étayer leurs propos.

Ainsi par exemple à propos des effets secondaires qui seraient sous-estimés, élément qui suscite certaines inquiétudes, ceux-ci se veulent rassurant: "Loin d’être un signe de 'sous-estimation', le fait même que ces cas peu fréquents de myocardites et de péricardites aient été détectés démontre que la pharmacovigilance fonctionne bien et a été capable de détecter un signal anormal qui nécessitait des enquêtes plus approfondies", expliquent-ils.

L'efficacité des vaccins, remise en cause avec l'émergence de nouveaux variants et le passage du temps, est également nuancée dans leur publication: "Il est vrai qu’à la suite de l’émergence et de la propagation du variant Delta, une diminution de l’efficacité vaccinale a été observée. Certains pays comme Israël ont aussi effectivement publié des résultats qui suggèrent une réduction de l’efficacité vaccinale contre l’infection avec le temps. Mais cette diminution ne s’observe pas partout de la même manière, même dans des pays qui n’ont qu’un mois de décalage avec le déploiement vaccinal d’Israël, comme le Royaume-Uni. Un certain nombre de biais, comme des différences d’exposition ou l’intensité du dépistage, peuvent influencer les observations d’efficacité vaccinale basées sur des études observationnelles. En outre, cette affirmation passe sous silence le fait que l’efficacité vaccinale contre les infections sévères et les hospitalisations se maintient nettement mieux que celle contre l’infection", précisent les experts.

Point par point, ces médecins, chercheurs et professeurs démontrent donc que les arguments prétendument scientifiques proposés par le collectif ne sont pas basés sur un consensus qui existerait dans le milieu: "Cette lettre constitue en réalité un article d’opinion, appuyé par une sélection d’éléments puisés de manière opportuniste dans la littérature. Elle doit donc être lue comme tel", concluent les auteurs.

Pour lire l’entièreté de leurs arguments: https://www.revuenouvelle.be/De-source-sure