Les heures de Georges-Louis Bouchez à la tête du MR sont-elles comptées ? Le président du parti a multiplié ce week-end les entretiens informels pour tenter d'apaiser les tensions au sein de la formation libérale. A l'issue de ces rencontres, le Montois a proposé de changer sa façon de diriger le parti en s'entourant d'une sorte de comité de sages, jouant davantage la carte de la collectivité. Il a également suggéré de présenter des excuses quant à la manière dont il a établi le casting ministériel. "Les solutions ne peuvent être des clopinettes. Le problème est plus fondamental: il s'agit de savoir si aujourd'hui la confiance existe encore. Nous ne sommes pas dans une autocratie où des décisions sont prises parce qu'on en a rêvé la nuit. Nous devons trouver des solutions de gouvernance dans lesquelles la démocratie est préservée, qui font que quand on s'exprime à l'extérieur, on est certain que c'est ce que pense le parti", a commenté Jean-Luc Crucke à son arrivée au bureau de parti.

Willy Borsus a, pour sa part, souligné qu'il y avait "différentes hypothèses". "C'est une dynamique plus collégiale que l'on doit avoir sur certaines décisions, des décisions qui doivent être partagées et assumées ensemble", a-t-il poursuivi, jugeant qu'"avoir un groupe avec des représentants fédéraux, régionaux et communautaires prend tout son sens".

Le ton était beaucoup plus sévère du côté de la présidente du sénat, Sabine Laruelle. "C'est totalement insuffisant comme solution, a-t-elle réagi au sujet de la proposition de M. Bouchez J'en ai assez de voir un parti avec des gens qui se conduisent en despotes, je n'en peux plus du népotisme et je n'en peux plus d'un mode de fonctionnement qui ressemble plus à celui d'un clan mafieux."

La députée wallonne avait déjà montré son mécontentement quant au choix de son président de parti ce vendredi au sujet du casting ministériel. "Nous sommes plus qu'un quota", avait-elle déclaré avec d'autres élues en réaction à la tentative avortée d'éviction de Valérie De Bue par Georges-Louis Bouchez.



Pour rappel, le leader libéral avait annoncé ce jeudi 1er octobre que Denis Ducarme prenait la place de Valérie De Bue en tant que ministre au sein du gouvernement wallon, faisant fi de la parité hommes/femmes. Le décret en vigueur a toutefois forcé le libéral à faire marche arrière, rendant sa place à Mme De Bue et laissant son ancien adversaire à la présidence du MR sans portefeuille ministériel. L'affaire a fait du remous au sein du parti, déjà agité par la nomination de Mathieu Michel en tant que secrétaire d'Etat au numérique. Un choix qui laisse présumer une influence du clan Michel sur Georges-Louis Bouchez qui déplaît à certains membres du parti libéral.


Le Montois devrait être fixé sur son sort ce lundi 5 octobre après le bureau de parti. Si l'homme s'est dit "dans un état d'esprit serein" à son arrivée, l'issue de cette réunion semble plus que jamais incertaine.