La Fédération wallonne des entrepreneurs de travaux de voirie lance une campagne pour dénoncer l'état déplorable des routes en Wallonie.

La Fédération wallonne des entrepreneurs de travaux de voirie (FWEV) lance jeudi sa campagne "Sauvons nos routes" avec le soutien de la Confédération construction, afin d'inciter un maximum de citoyens à signaler le mauvais état des routes et de sensibiliser les pouvoirs politiques aux conséquences du gel des investissements dans l'entretien et la rénovation des routes en Wallonie. Ceux-ci ont diminué de 40% en deux ans, dénonce la FWEV. L'objectif est double puisque la FWEV veut agir tant pour la sécurité des usagers que pour l'emploi dans le secteur des travaux de voiries (qui occupe 6.000 personnes en Wallonie, dont 3.500 emplois directs).

"En l'absence d'investissements, les routes continueront à se dégrader et les entreprises du secteur devront faire face à une vague de licenciements faute de travaux à effectuer. Sans reprise, un ouvrier sur trois perdra son emploi en 2015", avertit la FWEV. "Au 15 novembre 2014, seuls 50 millions d'euros de travaux ont été engagés sur 360 millions d'euros de travaux potentiels", ajoute-t-elle.

Les citoyens sont invités à poster des photos de routes mal entretenues sur www.sauvonsnosroutes.be, à écrire aux élus locaux pour signaler des routes dégradées, et à relayer la campagne et les actions de la FWEV via les réseaux sociaux. La campagne se décline via des affiches, des flyers, des autocollants à apposer sur les véhicules ou encore une page Facebook.

La FWEV réclame notamment des budgets stables pour l'entretien des voiries et une politique de relance économique basée sur l'entretien des infrastructures publiques.

La campagne est parrainée par les champions Thomas Degand, coureur cycliste, Jean-Pierre van de Wauwer, pilote de rallye et Frédéric Fiorentinio, pilote de cross, présents lors de la conférence de présentation jeudi.

Prévot: des annonces totalement infondées

Le ministre wallon des Travaux publics Maxime Prévot a qualifié de "totalement infondées" les annonces par la FWEV de réductions de 30% à 40% des investissements sur les routes. "Ces propos sont inutilement générateurs de craintes au sein d'un secteur qui est déjà confronté à des difficultés depuis quelques années", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Et le ministre d'avancer ses chiffres: les budgets régionaux pour les routes et autoroutes seront réduits de 2% uniquement, dans le cadre de l'assainissement des finances publiques, mais s'élèvent toujours à 200 millions par an soit un milliard d'euros sur la législature.

En outre, le plan Infrastructures mobilisera 320 millions d'euros complémentaires sur 2016-2019. Maxime Prévot y ajoute les fonds européens à venir et les dossiers introduits auprès de la Commission européenne dans le cadre du Plan Juncker.

Le ministre dément aussi tout gel des commandes publiques, les derniers dossiers du Plan Routes 1 étant en phase de bouclage. "Le travail se poursuivra donc bien en 2015, en transition douce vers les Plan Infrastructures à venir", commente-t-il.

A ses yeux, la principale difficulté du secteur concerne le dumping social, à savoir la concurrence d'entreprises qui recourent à de la main-d'oeuvre étrangère moins coûteuse en contribution sociale, ce qui leur permet d'emporter des marchés publics.

La Déclaration de politique régionale (DPR) prévoit notamment de prendre "toutes les mesures additionnelles utiles pour lutter contre le dumping social, notamment dans le cadre des marchés publics". Le ministre Prévot a chargé un bureau d'avocats d'analyser la possibilité de modifier les futurs cahiers des charges "pour que les entreprises employant du personnel belge soient moins préjudiciées qu'actuellement". Le tout en veillant à respecter les règles européennes en la matière.