Belgique

32 wagons de viande impropre bloqués en Ukraine. 1.400 tonnes détruites

BRUXELLES Plusieurs sociétés dans l'Union européenne (au moins 4, dont 1 en Belgique, la société K.) sont soupçonnées d'avoir organisé un vaste système frauduleux qui, sous le couvert de documents falsifiés, exportait en Ukraine des surplus de viande impropre à la consommation dans l'UE. Selon des informations confirmées par le 1er substitut Eric Van der Sijpt, porte-parole du parquet fédéral belge, le démantèlement de cette filière a débouché sur l'immobilisation de 32 wagons. Ceux-ci transportaient plusieurs dizaines de tonnes de viandes non consommables (selon les critères de l'Afsca), stockées depuis plusieurs années.

De la très vieille viande, puisqu'il est question même de tonnes de viandes conservées depuis l'époque de la crise de la dioxine, soit la fin des années 1990. L'enquête est menée en Belgique par la police judiciaire fédérale de Bruxelles. Au moins 4 sociétés sont citées dans l'Union européenne (1 en France, 1 aux Pays-Bas, 1 en Allemagne et, donc, la firme K. en Belgique). Pour autant, cette dernière nie toute responsabilité.

Selon le parquet fédéral, l'enquête a démarré en Ukraine après que 32 wagons aient été immobilisés à la frontière de la Pologne avec ce pays. Des documents officiels (belges notamment) accompagnaient la transaction. Selon la police fédérale, certains de ces certificats étaient falsifiés. La viande exportée en Ukraine devait en principe entrer dans la fabrication de produits - de type pitta, hamburgers... - ensuite réimportés dans l'Union européenne sans considération de sa qualité déplorable (hygiène, chaîne du froid, etc.).

L'enquête fait apparaître un montage de sociétés hors d'atteinte car installées entre autres aux îles Seychelles et à Chypre. Selon des renseignements obtenus hier à Bruxelles, les autorités ukrainiennes cherchent toujours à coincer le maillon clé de la filière, un Ukrainien actuellement en fuite. L'enquête porte aussi sur les faux documents qui font intervenir la Banque Nationale de Belgique, ce qui devait donner à ceux-ci un cachet supplémentaire d'authenticité. Autant la Belgique se félicite de la collaboration de l'Ukraine, autant l'Ukraine se réjouit d'avoir empêché que de la viande dangereuse soit transformée et réinjectée dans le circuit de pays comme la Belgique.

L'affaire ne s'arrête pas aux 32 wagons. Au total, 1.400 tonnes de viandes liées à la filière ont été saisies et détruites en Ukraine.



© La Dernière Heure 2008