Le nombre de nouveaux cas de Covid-19 en Belgique s'élevait à 604,1 par jour en moyenne au cours de la période allant du 2 au 8 août, ce qui représente une augmentation de 12% par rapport à la période de sept jours précédente, selon les derniers chiffres mis à jour mercredi par Sciensano. 

On dénombre ce mercredi 388 contaminations de plus que la veille. Les nouvelles hospitalisations continuent elles aussi d'augmenter, avec une moyenne de 27,4 admissions quotidiennes entre le 2 et le 8 août (+21%).

"Depuis plusieurs jours, on remarque que la hausse des cas se stabilise", indique la porte-parole interfédérale Frédérique Jacobs. 

Les experts soulignent qu'il existe toujours des différences régionales concernant la propagation du virus. "La plus forte augmentation est constatée dans la Région de Bruxelles-Capitale, où la moyenne hebdomadaire a augmenté de 57%. Cette augmentation reste cependant légèrement inférieure à celle de la semaine dernière, mais elle reste alarmante. On a pu calculer que si cette augmentation se poursuit, Bruxelles atteindra le niveau actuel d'infections dans la province d'Anvers d'ici deux semaines", déclare F. Jacobs. 

"Dans les autres provinces, on note des augmentations comprises entre 20 et 50%, avec les provinces de Liège et de Flandre-Orientale qui se démarquent chacune avec 400 nouveaux cas par semaine", poursuit l'experte.


Frédérique Jacobs indique que le nombre d'hospitalisations augmente. "Hier, nous avons atteint le plus grand nombre d'hospitalisations depuis fin mai. Cela doit nous rappeler que le virus reste dangereux, même s'il est clair que nous ne sommes pas dans la même situation dramatique qu'en mars et avril". 

"Les chiffres en hausse ne signifient pas nécessairement que la situation est très sévère aujourd'hui, mais ils représentent un signal d'alarme, pour que nous pussions intervenir et éviter que la situation ne s'aggrave et n'atteigne des proportions beaucoup plus sévères", déclare F. Jacobs.


Avec ces grosses chaleurs, les experts font également le point sur l'utilisation de la climatisation et des ventilateurs. "Il semble y avoir une incompréhension à ce niveau, peut-être avons-nous mal expliqué l'utilisation de ces climatisations", indique F. Jacobs. "Il faut savoir que la climatisation peut s'utiliser de manière tout à fait sécurisée dans les maisons de repos pour refroidir les pièces, et c'est particulièrement important dans les pièces où se trouvent des personnes âgées, plus sensibles à la chaleur. Il est évidemment important que ces climatisations soient bien entretenues et réglées de telle manière que la proportion d'air venant de l'extérieur soit toujours apportée. Il ne faut pas que l'on fasse re-circuler de l'air intérieur qui pourrait transmettre le virus."

"Les ventilateurs peuvent également être utilisés pour refroidir les personnes, mais il est important de ne les utiliser que dans votre maison, dans votre propre bulle", ajoute l'experte. "Il est très important de régler la climatisation et les ventilateurs de telle sorte qu'aucun flux d'air important ne se produise entre les personnes, qui pourrait propager des gouttelettes potentiellement infectées". 


Les experts sont également revenus sur le taux de reproduction du virus. "C'est un taux que l'on vous donne régulièrement et qui donne une estimation du niveau d'infections mais qui dépend du comportement de chacun et des caractéristiques du virus". 


Une campagne de sensibilisation

Ensuite, Antoine Iseux, du Centre de crise, a présenté une nouvelle campagne lancée par les autorités belges pour freiner la propagation du virus, qui s'intitule "Onze millions de raisons". 

"Avec cette campagne, nous voulons encourager tous les Belges à continuer à respecter les six règles d'or, et surtout à tenir bon", a déclaré Antoine Iseux. "Nous sommes onze millions de Belges, il y a donc au moins onze millions de raisons différentes de s'en tenir aux six règles d'or. C'est pourquoi, dans cette campagne, ont été mis en avant 9 portraits de citoyens belges d'univers très différents, mais avec chacun leurs raisons propres". "Nous invitons chacun d'entre vous à réfléchir individuellement à votre ou vos raisons personnelles pour continuer à respecter les six règles d'or", a-t-il ajouté.

La campagne, qui s'appuie sur des conseils du GEES et d'experts académiques, sera également diffusée dans les médias, et ne devrait pas passer inaperçue dans les rues. 


Frédérique Jacobs a ensuite expliqué que les résultats de certaines mesures étaient déjà visibles, comme à Anvers: "Des mesures plus sévères ont été prises à Anvers, et on voit qu'on a pu contenir la propagation puisque le nombre de cas par jour diminue, et qu'on a l'impression d'avoir passé le pic de contaminations. Ce n'est pas vrai dans les autres provinces comme à Liège, en Flandre-Occidentale ou à Namur, où le nombre de personnes positives continue à augmenter, mais cette augmentation se ralentit. Vous savez qu'entre la prise de mesures et les résultats, il faut toujours attendre un certain nombre de semaines". 


"Il faut savoir que le pic belge de contaminations était atteint le 4 août, et que depuis lors on voit cette diminution et c'est assez encourageant", a poursuit la porte-parole. 

Interrogée sur l'évolution de la taille de la bulle, Frédérique Jacobs s'est montrée conciliante: "On a vu qu'en faisant des bulles de 15 personnes par semaine, on a eu une explosion de cas détectés positifs, et donc là clairement, c'est trop de contacts rapprochés qui favorisent la propagation du virus", a répondu l'experte. "On est maintenant passé à une situation extrêmement sévère, où l'on peut voir cinq personnes par famille entière durant tout le mois. On a vu que cela avait de l'effet, associé à d'autres mesures, mais c'est difficilement supportable sur le long terme car cela vous limite tout à fait vos contacts sociaux". 


"Il faudra donc trouver un juste milieu entre trop de contacts qui favorisent la propagation, et un nombre tellement restreint de contacts que ce n'est pas vivable à long terme et probablement pas respecté par beaucoup de monde car ce n'est pas faisable en pratique. Il faudra donc placer, en fonction de l'évolution de l'épidémie, le curseur entre ces deux valeurs", a-t-elle conclu.