Belgique

Les réfugiés qui ont obtenu leur statut n'ont pas leur place en ville, mais à la campagne, a affirmé l'échevin anversois en charge de l'intégration, Fons Duchateau (N-VA), mercredi dans une interview accordée au quotidien De Morgen.

Son propos démontre que l'option de la N-VA soutenant qu'une fois leur papiers en poche, les réfugiés n'ont plus qu'à "tirer leur plan" ne tient pas la route, a réagi l'ex-présidente du CPAS d'Anvers Monica De Coninck (sp.a). "Souvent les réfugiés pensent qu'ils trouveront en ville des compatriotes et des gens qui parlent leur langue, mais ils entrent dans un réseau de pauvreté, ce qui fait que leur intégration progresse plus lentement que prévu", a notamment dit Fons Duchateau.

Pour l'échevin anversois, un déménagement vers la campagne n'est pas seulement avantageux pour le réfugié. Il l'est aussi pour la ville lorsque l'on constate qu'à Anvers, où le phénomène de pauvreté infantile est de l'ordre de un sur quatre, "le seuil d'absorption" est atteint.

Avec Liesbeth Homans comme ministre de l'intégration, Philippe Muyters comme ministre de l'Emploi, et Theo Francken comme secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, "la N-VA avait une chance unique de mener une politique d'intégration, mais au lieu de cela on laisse un président local de CPAS s'agiter. Les problèmes évoqués aujourd'hui par la N-VA étaient à prévoir. Je les avais prédit en septembre 2015", a réagi Monica De Coninck.

Pour elle, cette problématique nécessite une politique intégrée, mais la N-VA estime que le travail est terminé dès qu'un demandeur d'asile "a son papier en poche". Conséquence: de grands groupes de réfugiés se rendent en ville où ils risquent de tomber aux mains de réseaux clandestins mafieux. C'est la raison pour laquelle le sp.a plaide pour un plan de répartition dont la N-VA ne veut pas et qui fait pourtant ses preuves en Allemagne, a encore dit Mme De Coninck.