Un système de dérogation existe pour ceux qui travaillent le dimanche. Les employeurs ou indépendants peuvent introduire des demandes. Les coursiers ne sont pas considérés comme des employés des plate-formes Deliveroo et Uber Eats. Environ 80% n'ont pas le statut d'indépendant et travaillent sous le régime de l'économie collaborative, selon Martin Willems, responsable national ACV-CSC United Freelancers. "Ceux qui veulent en vivre roulent en scooter, car sinon ils ne peuvent pas faire assez d'heures", ajoute-t-il. Plus d'une centaine de livreurs seraient selon lui demandeurs d'une exception collective pour dimanche.

ACV-CSC United Freelancers a sollicité une dérogation générique à la Ville comme à la Région, sans parvenir à avoir gain de cause. Le Cabinet du bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close explique avoir reçu des demandes de dérogation du syndicat, mais qu'il n'a pas pu y donner suite faute de numéros de plaques ou de noms pour identifier les différentes personnes concernées.

ACV-CSC United Freelancers déplore l'absence de solution trouvée jusqu'à maintenant. Selon lui, c'est préjudiciable autant pour les restaurateurs qui ont beaucoup souffert économiquement avec la crise sanitaire que pour ces travailleurs précaires. "Perdre une journée, un dimanche en plus, cela veut dire qu'on n'arrivera pas à la fin du mois pour la plupart d'entre nous", remarque une coursière. Un de ses collègues masculins de 27 ans fustige aussi ce qu'il estime être un manque de considération. "Hier, on nous mettait avec les 'héros du corona'", rappelle-t-il.