La menace de la CGSP Cheminots de mener des actions durant l'été prochain contre l'instauration d'un service minimum sur le rail est "prématurée", selon la CSC Transcom. 

Le syndicat chrétien préfère en effet attendre l'avis du Conseil d'Etat sur l'avant-projet de loi en la matière du ministre de la Mobilité François Bellot (MR), qui a déjà reçu l'aval du gouvernement. Pour Marianne Lerouge, sa responsable générale, ce texte serait synonyme de "chaos maximum plutôt que de service minimum". "Notre point de vue sur la question n'a pas changé d'un iota depuis décembre 2016: c'est une atteinte au droit de grève et cela mettra en danger les voyageurs d'un point de vue pratique", a-t-elle prédit.

Devant l'impossibilité des syndicats à s'entendre avec les directions de la SNCB et d'Infrabel à la fin de l'an dernier, le ministre Bellot avait ensuite dû reprendre la main dans ce dossier.

"Le gouvernement ment aux voyageurs! Il dit qu'il va mettre fin aux grèves sauvages. Mais les textes ne disent rien là-dessus", constate Marianne Lerouge. De tels mouvements spontanés perdureront si l'on ne trouve pas des réponses afin d'améliorer le dialogue social, prévient-elle.

Celui-ci ne se fait pas d'égal à égal, affirme-t-elle, relativisant la paix sociale sur le rail depuis près d'un an évoquée par la CGSP Cheminots. Si les discussions ont en effet été constructives en ce qui concerne les élections sociales au sein des chemins de fer - "dont le gouvernement est preneur" -, c'est moins le cas pour d'autres dossiers. La représentante syndicale pointe ainsi les mesures liées à la productivité du personnel.

Pour sa part, l'ACV Transcom, pendant flamand du syndicat chrétien, s'inquiète du fait que les travailleurs devront faire savoir quatre jours ouvrables à l'avance s'ils feront grève ou non. "De cette manière, le dialogue social sera à l'arrêt déjà plusieurs jours avant la grève. Et nous n'en sommes pas heureux car la concertation doit avoir toutes ses chances", estime son responsable Luc Piens.

La balle est désormais dans le camp du gouvernement pour un dossier qui est aujourd'hui politique, résume Marianne Lerouge. "Ce sont eux les seuls responsables de toutes les conséquences futures pour les voyageurs et de la débâcle qui va suivre!"

La CSC Transcom va désormais attendre l'avis du Conseil d'Etat (attendu vers le 21 juin, ndlr) et l'éventuel vote de la Chambre avant de se prononcer sur l'organisation d'éventuelles actions. La CGSP Cheminots a prévenu de son côté s'attendre à "un été chaud" sur le rail.