Tout au long du mois de mars, beaucoup de témoignages ont fleuri sur les réseaux sociaux pour remettre en cause certaines pratiques lors des baptêmes estudiantins. Agressions sexuelles, sexisme, racisme… Les différentes versions rapportées par certains étudiants, notamment sur la page Instagram "Balance ton folklore", sont assez éloquentes.

Même si le Covid a stoppé toutes ces activités, la parution de ces témoignages a fait réagir le vice-recteur aux affaires étudiantes, Philippe Hiligsmann. La première chose qu’il a proposé d’adapter, ce sont les chants présents dans le "Bitu", le chansonnier des calottés. "ll y a des chants sexistes, antisémites, racistes. Même si ces chants font partie d’une tradition orale, je pense qu’il faut avoir une réflexion sur la portée qu’ils peuvent avoir", a-t-il expliqué auprès de la RTBF.

Pour appuyer les propos du vice-recteur aux affaires étudiantes, Tania Van Emelryck, en charge de la politique de genre à l’UCLouvain, prend exemple avec la chanson "La bite à Dudule " . Pour elle, les paroles sont aujourd’hui intolérables. "Désolé, ce n’est pas une vie de couple, ça. À l’heure actuelle, est-ce que ça correspond encore à la société dans laquelle les étudiants vivent, cette même société pour laquelle ils réclament des changements ?"

Si certains calottés veulent bien comprendre que plusieurs paroles sont assez déplacées, il est hors de questions de les changer pour ne pas déroger à la tradition et au second degré assez potache que représente le folklore estudiantin. "Tous les futurs baptisés connaissent déjà la plupart des chants avant de démarrer. Les modifier ne servira à rien. Par contre, en créer des nouveaux peut répondre aux attentes de plusieurs personnes qui se sentiraient mal vis-à-vis de ces chants. C’est d’ailleurs des projets qui sont déjà en cours", nous confie Lucie, une étudiante baptisée il y a 3 ans.

Si l’idée de les changer est bel et bien présente dans la tête de plusieurs personnes dont Philippe Hiligsman, ce n’est pas ce dernier qui va passer à l’acte. "Ce n’est pas moi qui vais imposer quoi que ce soit. Mais on peut éventuellement imaginer une mise en contexte de sorte que le lecteur soit averti de la portée de certains textes."