Un enfant n'aurait-il plus le droit de donner un coup de main à ses parents s'il en a envie?

Robert Botta se souviendra longtemps de "la journée italienne" organisée ce dimanche à Tongres. Ce garagiste a en effet été interpellé par trois dames de l'inspection du travail après qu'elles ont vu Matteo, 10 ans, aider son père à monter son stand. "Elles nous ont demandé nos cartes d'identité parce qu'elles ont vu Matteo en train de placer une corde à un poteau et parce qu'il a mis quelques bouteilles au frais. Selon elles, cela relevait du travail d'enfants. Je leur ai expliqué que c'était mon fils et qu'il avait spontanément demandé à nous aider. C'est quand même logique de la part d'enfants de vouloir aider leurs parents. Lorsqu'il me l'a demandé, je lui ai répondu qu'il pouvait", explique le père de famille au Belang van Limburg. Robert a finalement réussi à faire entendre raison à ces femmes au cours d'une longue discussion "intense".

Qu'est-ce que le travail d'enfants?

Selon le SPF emploi, "la loi établit comme principe de base l'interdiction de faire ou de laisser travailler des enfants. Elle vise les mineurs de moins de 15 ans ou qui sont encore soumis à l'obligation scolaire à temps plein. Il existe deux exceptions à cette interdiction, les activités qui rentrent dans le cadre de l'éducation ou de la formation des enfants ; et les activités très limitées pour lesquelles une dérogation individuelle a été obtenue". Demander à ses enfants de donner un coup de main occasionnel sans avoir demandé de dérogation officielle est-il donc considéré comme du travail d'enfant? Risque-t-on vraiment une amende ou un passage devant le tribunal du travail?

"De la pure intimidation"

Pour l'Unizo, l'association flamande des entrepreneurs indépendants, il s'agit surtout d'une intimidation. "La manière dont l'entrepreneur et son fils sont considérés comme des criminels et suspectés de travail d'enfants est inadmissible. Cela ressemble à de l'intimidation", a réagi Bart Lodewyckx, le directeur de l'Unizo Limbourg. "Cela voudrait dire qu'un entrepreneur qui voudrait s'offrir les services de son enfant de manière occasionnelle devrait demander une dérogation et attendre qu'elle soit acceptée? Les inspecteurs doivent manifestement faire la différence entre ce qui est écrit littéralement dans la loi et l'esprit de celle-ci."

Le ministre compétent s'en mêle

Philippe De Backer (Open Vld), secrétaire d'Etat à la Lutte contre la fraude sociale, a également tenu à réagir via un communiqué de presse que l'on peut lire sur le site de la RTBF.

"Que des enfants donnent occasionnellement un coup de main - à la maison ou au magasin de leurs parents lorsqu'il y a quelque chose de spécial à faire - est tout à fait normal. Cela fait même partie de leur éducation. De tels contrôles ne constituent nullement une priorité des services d'inspection sociale. La lutte contre le vrai travail des enfants, le dumping social et le travail au noir, voilà les vraies priorités", a-t-il souligné.

Sur Twitter, il a également lancé le hashtag #helpenisnormaal (aider est normal) et a publié une photo (de lui?) en précisant que lorsqu'il était enfant il aidait ses parents à la ferme, en trayant, nettoyant les étables et en allant chercher du bois. 


D'autres twittos l'ont soutenu en se servant de ce hashtag pour publier des photos d'eux petit, en train de travailler, à côté de leurs parents.