Chez Davidoff-Zabia, on se souvient encore de VDB, un client régulier

BRUXELLES Elle ne le quittait qu'à de très rares occasions. VDB sans sa pipe, c'était un peu comme un gouvernement sans son premier ministre. Fumeur pour qui la qualité prévalait sur la quantité, Vanden Boeynants avait ses bonnes adresses lorsqu'il s'agissait d'acquérir du tabac et les articles s'y rapportant.

L'une de ses enseignes préférées n'était autre que la maison Zabia (mari et femme) une référence à Bruxelles et en Belgique. Là aussi, on se souvient de l'homme à la chevelure dégarnie et à l'accent bruxellois soutenu. L'amateur de pipe devant l'Éternel. Régulièrement, VDB entrait dans l'ancienne boutique de la rue Lebeau 8-10 à Bruxelles (elle est depuis située sur la place du Grand Sablon).

Le modèle de pipe que le social-chrétien affectionnait? `La Canadian, style english, nous explique Dirk Vermeiren, actuel gérant du magasin associé depuis peu avec Davidoff. Il s'agit d'un long tuyau qui renforce le goût du tabac contrairement au modèle incurvé qui l'allège.´`Ses marques préférées, la Dunhill et la Davidoff, souligne le patron. Des modèles haut de gamme dont les prix peuvent grimper jusqu'à 50.000 F l'unité. Lui-même est venu en acheter. Les anciens dans la maison se souviennent qu'il a un jour déboursé jusqu'à 30.000 F pour un seul article.´

Pour son tabac, ses briquets et outils nécessaires à l'entretien de sa bouffarde, VDB n'hésitait pas à s'approvisionner chez Davidoff-Zabia. `Lui-même est déjà passé par ici. Sinon, il envoyait un de ses proches collaborateurs. Sa femme aussi nous rendait visite lorsqu'elle souhaitait acheter un cadeau pour son mari. Ses amis adoptaient la même démarche: ils connaissaient les goûts de Paul Vanden Boeynants et venaient acheter l'un ou l'autre produit chez nous.´

A Knokke, VDB conservait les mêmes habitudes. Avant de devoir couper cours à son vice pour raison de santé, la boutique Davidoff du littoral lui était d'une grande utilité.

Une anecdote: `Madame Zabia, fort âgée et très fatiguée, se souvient que chaque vendredi, à l'occasion du conseil des ministres, VDB et deux autres ministres venaient acheter des cigares à tour de rôle. Ils se les offraient mutuellement. Le rituel a duré quelque temps.´