70% de la population de Bruxelles et de Wallonie n’apportent pas leur soutien aux gouvernements fédéral et régional.

À la question "Pour gérer 2017, faites-vous confiance au gouvernement fédéral?", 70 % des Belges répondent par la négative. 46% d’entre eux indiquent clairement ne "pas avoir du tout confiance". Les 24% restants ne lui font "plutôt pas confiance". Seul un Belge sur 4 (24%) le soutient et y croit. Les 35-54 ans sont plus réfractaires que les 18-34 ans (76% contre 67%). C’est ce que révèlent les résultats de notre sondage exclusif, mené par Dedicated.

En matière d’estime, le gouvernement régional morfle aussi. 67% des sondés ne font pas confiance aux gouvernements régionaux (Bruxelles et Wallonie).

"La confiance politique des Belges est au plus bas", constate Marc Dumoulin, directeur de l’institut de sondage. "J’ai été particulièrement impressionné par le manque de confiance total envers les institutions politiques. Ce sont des résultats que je n’avais jamais vus et pourtant, je réalise des baromètres politiques pour La Libre Belgique. Tout est à faire en 2017!"

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Et les Belges ont une opinion bien tranchée lorsqu’il s’agit d’établir les priorités des gouvernements. 84% des sondés pensent qu’un des dossiers à traiter urgemment en 2017 est celui qui vise l’amélioration de l’emploi. Cela vaut essentiellement pour les Wallons (85% contre 80% des Bruxellois) et les 55 ans et plus (90%, contre 76% des 18-34 ans).

La lutte contre le terrorisme devrait également mobiliser les représentants politiques. 84% de la population pensent que c’est une priorité (dont 54% pensent que c’est "une priorité absolue"). Les citoyens ne pensent pas que la Belgique devrait s’investir davantage dans la lutte contre Daech en Irak et en Syrie (47%). L’accueil des migrants est loin d’être une priorité (34% seulement le pensent).

L’amélioration des soins de santé, en revanche, préoccupe les Belges (82% estiment que c’est une priorité). L’enseignement et le système éducatif, aussi. Huit sondés sur dix (81%) aimeraient que leurs politiciens planchent dessus sérieusement en 2017.

Un homme (politique) averti en vaut deux...

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>>>La réaction du monde politique<<<


La méfiance croissante à l’égard des "élites"

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 Une humeur de Géry de Maet.

Que les Belges ne portent pas leurs hommes politiques dans leur cœur n’est pas vraiment une nouveauté. Pour la petite histoire, on se souviendra comment les édiles de la ville de Bruxelles avaient été copieusement sifflés en remettant les prix aux vainqueurs d’un Mémorial Ivo Van Damme. Cela se passait au tout début des années 80…

Ce qui est récent par contre, et relativement inquiétant, est qu’une partie importante de l’opinion englobe désormais dans son rejet un grand nombre de professions.

On y retrouve pêle-mêle magistrats, policiers, avocats, enseignants ou... journalistes.

Hier encore, le bourgmestre socialiste de Vilvorde accusait les juges de la jeunesse francophones d’être " déconnectés de la réalité ".

Et il suffit de parcourir les réseaux sociaux pour se rendre compte à quel point beaucoup se méfient de la presse, accusée d’être à la solde du pouvoir.

Une bonne dose de sens critique n’a jamais fait de tort. De là à souhaiter un changement radical, c’est ouvrir la voie à toutes les incertitudes.

Ceux qui prônent le Grand soir sur l’air du "Tous pourris" ou "Qu’ils s’en aillent tous", quelle que soit leur sensibilité politique, n’ont généralement qu’une idée en tête : prendre la place de ceux qu’ils auront chassés. Quitte à ne plus la rendre par la suite.

Si depuis quelques milliers d’années, on avait inventé un système plus efficace que la démocratie, cela se saurait…