Il y a plein de choses à dire et à écrire sur la manière dont la gestion de la crise Covid s’est déroulée dans notre pays. Un sujet ne fait toutefois guère de doute : la personne qui a été aux manettes depuis les premiers soubresauts du virus, Sophie Wilmès, n’a jamais économisé ni son temps ni son énergie pour combattre l’épidémie et ses conséquences. Alors qu’elle vient à peine de transmettre le témoin à Alexander De Croo, le virus l’a rattrapée.

L’actuelle vice-Première en charge des Affaires étrangères, âgée 45 ans et mère de quatre enfants, a été hospitalisée et admise en soins intensifs, mercredi soir, au centre hospitalier bruxellois de Delta. "Elle ne devrait pas sortir dans les prochaines heures et aucune échéance de sortie n’est fixée pour l’instant", nous indique son porte-parole. Son état est sérieux et, selon nos informations, elle a été hospitalisée en présentant plusieurs symptômes du Covid, dont une insuffisance respiratoire. L’ex-Première ministre n’est toutefois pas sous respiration artificielle et reste consciente. Elle continue de communiquer avec ses proches et son entourage.

"Son état est stable, elle est consciente et elle est bien prise en charge, reprend son équipe de communication. Elle a besoin d’un encadrement médical et a été hospitalisée sur conseil de son médecin. Un suivi attentif et très professionnel du personnel médical est réalisé."

Les longs mois de gestion de la crise Covid et la fatigue engendrée n’ont en outre pas aidé à renforcer ses défenses immunitaires de manière à lutter contre le virus, nous souffle-t-on.

Pour rappel, elle avait annoncé avoir été testée positive au Covid samedi dernier. Sophie Wilmès avait précisé que la source d’infection était "probablement le cercle familial", dont on sait qu’il est de très loin le premier vecteur des contaminations. Durant les jours qui ont suivi, son état n’était pas bon, les symptômes étaient manifestes, entendait-on dans son entourage.

Le groupe hospitalier Chirec a indiqué jeudi après-midi que son état de santé était "rassurant". Et que l’hôpital Delta (Auderghem) effectuait "une surveillance attentive" de la ministre.

Son successeur au 16, rue de la Loi, Alexander De Croo, qui devrait annoncer de nouvelles restrictions ce vendredi à l’occasion d’un nouveau Comité de concertation, lui a apporté son soutien. "Je te souhaite un prompt rétablissement, a-t-il écrit sur Twitter. Tous ensemble, nous vaincrons le Covid-19. " Les soutiens, émanant de tous les partis, se sont multipliés.

Des personnalités politiques comme Jean-Michel Javaux (Ecolo) avaient été touchées lors de la première vague.

La seconde vague a fait davantage de dégâts. Plusieurs ministres ou présidents de parti ont été contaminés : Pierre-Yves Jeholet, Mathieu Michel et Valérie De Bue (MR), Christie Morreale, Frédéric Daerden, Rudi Vervoort et Caroline Désir (PS), Sven Gatz et Egbert Lachaert (Open VLD), Elke Van den Brandt (Groen), mais aussi des députés comme Caroline Taquin (MR) et de nombreux bourgmestres.

Le cas de Sophie Wilmès rappelle que personne n’est à l’abri.