"Nous devons plancher dès à présent sur un scénario de sortie de crise", a fait valoir jeudi la Première ministre Sophie Wilmès en séance plénière de la Chambre. Les mesures de confinement prises par le Conseil National de Sécurité en vue d'enrayer la propagation du coronavirus sont en vigueur jusqu'au 19 avril inclus, avec une prolongation possible jusqu'au 3 mai. 

"Nous allons rassembler un groupe d'experts de haut niveau pour préparer un déconfinement progressif. Celui-ci sera présidé par une personne issue du monde scientifique car ce sera toujours la santé d'abord". Des personnes issues du monde économique et social seront aussi invitées à y participer.

Mais "il y a malheureusement la difficile réalité de la situation sanitaire: 1.011 décès. Je souhaite utiliser ce moment pour témoigner nos profondes condoléances. On sait que cette situation est dramatique", a déclaré Mme Wilmès (MR).

"Nos efforts commencent à porter leurs fruits, c'est encourageant", a-t-elle ajouté. "Je voudrais dire à la veille d'un week-end que l'on annonce ensoleillé que ce n'est pas le moment de relâcher ces efforts."

La Première ministre, interrogée notamment par les députés Georges Gilkinet (Ecolo) et Catherine Fonck (cdH), a fait le point de la situation.

Actuellement, le taux d'occupation des lits de soins intensifs dédiés aux patients atteints du coronavirus est de 52%: 1.145 lits sont encore disponibles. "Une analyse de la situation est réalisée chaque jour. Des seuils critiques ont été instaurés afin d'assurer en amont une répartition optimale entre hôpitaux. Dans les maisons de repos, nous sommes occupés avec les Régions à essayer d'augmenter les capacités d'accueil dans d'autres lieux pour des personnes qui devraient sortir de l'hôpital mais ne peuvent pas réintégrer immédiatement les institutions. Ces capacités sont en plein développement et nous soutenons les efforts des Régions dans cette perspective", a assuré Mme Wilmès.

Quant à l'approvisionnement en masques, la Première ministre a indiqué suivre les recommandations de l'OMS et des experts en la matière quant à leur utilisation, à savoir les réserver en priorité aux malades et au personnel soignant. En donner à tout le monde "n'est pas réalisable", "il y a un manque de masques sur le marché mondial", a-t-elle souligné.

"Ce qui est mis en place n'est pas suffisant", a regretté Georges Gilkinet. "Il est urgent de pouvoir tester le personnel (de première ligne). Cela fait plus d'une semaine que les capacités de testing sont disponibles. Qu'est-ce qu'on attend? Il est aussi indispensable d'équiper ce personnel. Nous vous demandons d'utiliser votre autorité et votre rôle pour accélérer la réponse à ces deux questions urgentes."

Pour Catherine Fonck, "la situation est extrêmement difficile sur le terrain". Elle pointe la "pénurie de matériel de protection". "Les pharmaciens et les kinés n'ont toujours pas reçu de masques! Le dépistage massif est vital", a-t-elle fait valoir. "Mais avec 10.000 tests par jour, il faudra 300 jours pour dépister un tiers de la population."