Belgique
Les représentants des syndicats d'employés SETCa, CNE et LBC-NVK, qui avaient installé un campement sur le dessus du Mont des Arts pour réclamer un accord juste en matière d'harmonisation des statuts d'ouvrier et d'employé, ont été délogés par les policiers, a indiqué Martin Willems, secrétaire permanent CNE. 

Quelque 2.000 militants se sont rassemblés jeudi vers 10H, place d'Espagne à Bruxelles, pour dénoncer l'attitude inflexible adoptée par les employeurs lors des négociations dans le dossier ouvrier/employé. Selon eux, il y a peu d'avancées car les patrons ne se sont pas écartés de leur position de départ en matière de délai de préavis et de jours de carence. Les syndicats réclament notamment 3 mois de préavis par 5 ans d'ancienneté et la fin du jour de carence pour les ouvriers, des revendications que ne sont pas prêts à leur accorder les patrons.

"Ce que le patronat nous propose, c'est une sorte de régression sociale", a dénoncé Myriam Delmée, vice-présidente SETCa. "Si on aboutit pas à une solution qui constitue un progrès social, il faut que les employeurs et le gouvernement sachent qu'ils nous trouveront sur leur chemin", a-t-elle prévenu. "Si on aboutit à un mauvais compromis, nous resterons mobilisés", a de son côté indiqué Felipe Van Keirsbilck, secrétaire général de la CNE.

Vers 11H, une délégation des responsables syndicaux s'est rendue à la FEB. Ces derniers ont remis un -mauvais- bulletin pour l'attitude des employeurs dans ce dossier et se sont très brièvement entretenus avec l'administrateur délégué de la FEB, Pieter Timmermans.

En fin de matinée, plusieurs centaines de militants ont quitté le rassemblement de la place d'Espagne pour se rendre devant la FEB afin de "marquer le coup". Ils ont lancé quelques œufs sur la façade.

Le groupe s'est ensuite dispersé, certains se mobilisant cette fois en installant un campement sur le Mont des Arts. Des tentes ont été déployées et les représentants des travailleurs espéraient rester sur les lieux "jusqu'à ce qu'un accord juste soit trouvé". C'était sans compter sur la police, qui les a délogés.

Patrons et syndicats négocient depuis des mois sur l'harmonisation des statuts, sans parvenir à un accord. Faute de compromis d'ici le 8 juillet, tout ouvrier licencié pourrait saisir la justice et réclamer les mêmes conditions de départ que les employés sur base de l'arrêt rendu l'an dernier par la Cour constitutionnelle, laquelle avait jugé discriminatoires les différences de statut actuelles entre employés et ouvriers.