Le gouvernement wallon MR-CdH est en train de s'installer et avec lui toute une série de mesures, économiques, sociales,... mais aussi de gouvernance.

Ainsi, les présidents du MR et du CdH, Olivier Chastel et Benoît Lutgen, ont affirmé lors de la présentation du gouvernement que "la définition de structure publique sera(it) considérablement élargie, et concernera(it) aussi les filiales, sous filiales, etc. Pour peu que le mandat tienne pour origine une structure publique, tous les mandats et structures seront considérés comme faisant partie de la structure publique, et les règles de gouvernance s'appliqueront", a expliqué Olivier Chastel. Et donc, tous ces revenus seront comptabilisés pour atteindre, au maximum 150% du revenu d'un député, soit 245.000€ brut/an.

Dans le viseur des deux nouveaux mariés, le cas Publifin/Nethys et celui de son dirigeant Stéphane Moreau dont le salaire plane à 1 million d'euros brut par an. Interrogé ce mercredi matin sur ce cas précis, dans le 7h50 de Bel RTL, Olivier Chastel persiste et signe (voir vidéo en tête d'article à partir de 10'07"). "Le plafond de 150% comprendra demain toute la sphère publique, les filiales, les para-filiales, détaille le président du MR. Le journaliste le relance sur un cas précis : "Cela veut dire que Stéphane Moreau qui gagne 1 million d'euros brut par an, il pourra le continuer à le faire dans le cadre où Nethys est une sphère privée ?" "Pas du tout parce que Nethys ne peut pas être dans le cadre d'une sphère privée. La définition d'un mandat public est que l'origine, même lointaine, est le public. Or Nethys est l'émanation de Publifin qui est structure publique. Cela rentre donc dans la sphère publique et les rémunérations des dirigeants de ce genre d'entreprise seront nivelés à 245.000€ tout frais compris."

Théoriquement donc, le salaire de Stéphane Moreau devrait passer d'un million d'euros à 245.000 euros, soit une division par quatre. Mais ça, c'est pour la théorie. Car on le sait, la structure Nethys/Publifin est tellement complexe que son caractère privé ou public n'est pas aussi limpide que cela d'un point de vue purement juridique. Et si la baisse du salaire devait être "imposée", nul doute que la partie s'avèrerait plus difficile devant un tribunal.

Autre détail qui mérite d'être souligné, la déclaration de politique régionale transmise par le MR et le CdH aux journalistes ce mardi soir ne prévoit pas de changer la définition de "structure publique". S'il est bien question de lister par un cadastre les mandats publics et leur rémunération, s'il est bien question de concerner par là tous les mandataires élus et même non-élus mais dirigeants de structures publiques, il n'est nul question d'un changement de définition de ces structures publiques dans cette déclaration de politique régionale. Autrement dit, si Nethys/Publifin n'était pas publique hier, le sera-t-elle vraiment demain?