Steven Van Gucht a tout d'abord pris la parole. "Les chiffres du coronavirus semblent avoir atteint un pic pour l'instant", a-t-il affirmé. "Cela s'applique aux infections et aux admissions à l'hôpital, mais pas encore aux admissions dans les unités de soins intensifs", souligne-t-il. "Là-bas, la pression reste très forte et les chiffres vont encore augmenter. Nous nous attendons à ce que le sommet du pic soit atteint la semaine prochaine."

Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral, indique quant à lui que le pic de contaminations a été atteint le 22 novembre dernier avec 22.574 infections identifiées. "Cela aurait été le plus haut taux détecté de contaminations de cette pandémie dans notre pays. Heureusement, les admissions hospitalières et en soins intensifs restent plus basses que lors de la première et la deuxième vague. Elles restent cependant plus importantes que lors de la troisième vague qui avait sévi au printemps dernier sur base du variant Alpha que l'on appelait 'variant anglais' à l'époque."

Au niveau des tranches d'âge les plus contaminées, le nombre de cas continue encore d'augmenter chez les moins de 10 ans (+39%) et chez les 10 à 20 ans (+17%). "Par contre, les chiffres diminuent dans toutes les autres tranches d'âge. Ils diminuent de plus de 10% chez les personnes à risques, qui sont les personnes de plus de 70 ans."

Pour ce qui est des régions les plus contaminées, il y a aussi des changements. C'est la région bruxelloise qui connait la plus grosse hausse de contaminations (+18%). "Le taux était assez bas ces dernières semaine dans cette région donc il est logique qu'une grosse augmentation se fasse désormais ressentir." Le Brabant-Wallon et le Hainaut suivent ensuite alors que la Flandre se porte mieux.

Concernant les hospitalisations, elles sont de manière assez claire en nette diminution par rapport à la semaine dernière au niveau du pourcentage de l'augmentation. "Nous avons eu 318 nouvelles hospitalisations par jour en moyenne alors que ce chiffre était de 305 la semaine précédente. C'est une augmentation mais qui n'est plus que de 3%. Hier, 322 admissions ont été relatées alors que jeudi passé nous étions à 354. Il est possible que là aussi, nous ayons atteint un pic au niveau des admissions. Seuls les jours qui viennent pourrons nous le confirmer."

L'occupation des hôpitaux reste cependant très importante puisque nous affichons un total actuellement de 3.707 hospitalisées pour cause de Covid et 821 patients sont actuellement en soins intensifs. "On s'attend à voir une diminution de ces chiffres dans les 7 à 10 jours mais pas dans l'immédiat."

Les décès augmentent également (+23%) et l'âge moyen est de 77 ans à l'heure actuelle. "Le nombre de décès, qui est assez lié au nombre d'hospitalisations, est plus important en Flandre tant en nombre absolu que en nombre de décès par 100.000 habitants."

"Le variant Omicron est destiné à devenir dominant, c'est virologiquement normal"

Le variant delta est actuellement présent dans 99,6 % des cas de coronavirus en Belgique. Les 0,4 % restants proviennent des variantes alpha et bêta. La variante Omicron est actuellement encore très rare dans notre pays, mais pourrait finir par remplacer le variant delta. "Les variants vont et viennent, il faut donc s'attendre à ce que le variant Delta soit remplacé par le variant Omicron. C'est virologiquement normal", a déclaré Yves Van Laethem. "Actuellement, deux clusters avec deux cas chacun du variant ont été identifiés dans notre pays : l'un est en lien avec l'Égypte et l'autre avec un lien avec l'Afrique du Sud."

"Il faut s'attendre à ce qu'il y ait plus d'infections avec le variante Omicron mais je tiens à souligner que l'on sait très peu de choses à son sujet. Pour savoir s'il est plus contagieux ou si les vaccins actuels offrent une protection suffisante, il faudra attendre des mois d'étude pour fournir cette réponse."

Steven Van Gucht a quant à lui indiqué que des études ont été mises en place dans plusieurs pays pour évaluer la reconnaissance d'un variant par les anticorps. "Si cette reconnaissance n'est pas grande, il n'y a aucune raison de soupçonner que les vaccins ne fonctionnent pas. Il existe d'autres moyens", a-t-il déclaré en faisant notamment référence aux cellules T, qui continuent de travailler sans relâche.

Certains variants du coronavirus peuvent échapper partiellement aux anticorps, mais pas aux cellules T, comme l'ont déjà montré des recherches.

"Pas de consensus international" sur le délai du rappel après une infection

Concernant la troisième dose, Yves Van Laethem a indiqué qu'il n'y avait pas encore un délai officiel pour l'injection. "Il est clair qu'il n'y a pas de consensus international sur le moment pour donner une dose de booster" après une infection, a-t-il déclaré. En Belgique, la recommandation était "d'attendre qu'une personne soit rétablie de son infection, ou attendre deux semaines après un dépistage positif si une personne n'a pas de symptômes"

Les pays réagissent assez différemment au sujet du booster pour l'instant. "Certains pays ont embrayé sur le fait qu'une infection naturelle donne un rappel" semblable à un "booster". "On ne peut pas ignorer bien sûr que l'immunité est stimulée (...) mais, et cela a été prouvé par des études, (...) les anticorps induits par une infection naturelle n'ont pas la même potentialité de couverture, avec une protection qui peut être quatre à cinq fois moindre qu'une protection vaccinale." C'est pourquoi "nous avons estimé que la protection par une infection naturelle ne pouvait pas être considérée comme constante pour chacun ou comme un booster aussi efficace que la protection vaccinale", explique Yves Van Laethem.