Alors que les tendances à la baisse se poursuivent en Belgique, l'espoir de voir les mesures s'assouplir prochainement grandit. Plusieurs personnalités politiques ont par ailleurs exprimé leur volonté d'aborder le déconfinement sans tarder . Mais, à une semaine environ du prochain Comité de concertation, certains experts ont affiché leur inquiétude face à ces déclarations. C'est le cas notamment du porte-parole interfédéral, Steven Van Gucht, qui a estimé qu'un relâchement des règles avant Pâques constituait un véritable danger. Selon le virologue de Sciensano, les chiffres ne le permettront tout simplement pas. "Je ne serais pas étonné que d'ici la semaine prochaine, les chiffres repartent à la hausse pour ensuite baisser à nouveau la semaine qui suit", a-t-il détaillé auprès de nos confrères de HLN .

En effet, le porte-parole interfédéral a présagé que la Belgique ne quitterait pas le plateau sur lequel elle se trouve actuellement avant le mois d'avril. "Février et mars restent des mois compliqués", a-t-il ajouté. "Je ne pense pas qu'on verra des diminutions drastiques dans les semaines à venir." C'est pourquoi l'expert met en garde contre un déconfinement qui ne tomberait pas au bon moment. "Le timing est très important, il peut tout faire basculer, a averti M. Van Gucht. Mal choisir le moment, ce serait se tirer une balle dans le pied. Aller trop vite n'est pas une option." 

Attendre les beaux jours pour éviter une troisième vague

Mais le scientifique ne s'est pas pour autant dit contre un déconfinement progressif, au contraire. Il a même plaidé pour qu'on lâche un peu de lest par exemple pour les étudiants dans le supérieur. Mais un véritable assouplissement des mesures ne doit pas être envisagé dès maintenant. "Avec chaque relâchement vient un certain nombre de risques. Il y aura toujours un prix à payer", a regretté le virologue de Sciensano auprès de nos confrères de HLN. Or ce contrecoup serait selon lui plus facile à encaisser avec le retour des beaux jours. "Si cela devait se produire en mars, on aurait de grandes chances de se retrouver face à une troisième vague entre avril et juin", a-t-il conclu.

Le GEMS, dont fait partie Steven Van Gucht, travaille actuellement sur des protocoles pour permettre la réouverture progressive des secteurs à l'arrêt. Si aucune date n'a été communiquée jusqu'à présent, il semblerait que les experts veuillent faire preuve de prudence. Les premiers échos qui ressortent de leurs réunions laissent présager que l'accent sera mis sur les activités en plein air. La bulle pourrait également être élargie mais dans le cadre de sorties à l'extérieur. Le groupe qui conseille le gouvernement mise donc énormément sur l'arrivée des beaux jours, pour permettre aux Belges de souffler sans engendrer de rebond épidémique.

Tous les experts ne sont pas d'accord

Mais d' autres experts , comme Yves Coppieters, estiment qu'il ne faut pas attendre si longtemps pour entamer un déconfinement. Dans une interview qu'il nous a accordée, il affirmait que des assouplissement pourraient être envisagés dès le mois de mars. "Il faudra rouvrir au sein d'un secteur les sous-catégories où peuvent être correctement appliqués les protocoles", avait exposé l'épidémiologiste et professeur de santé publique à l'ULB.