Le vendredi 23 octobre, les autorités fédérales et régionales ont pris toute une série de nouvelles mesures afin de limiter la propagation du coronavirus dans notre pays. Parmi les changements majeurs, la mise en place d'un couvre-feu entre 22h et 6H en Wallonie et à Bruxelles. Aujourd'hui, les chiffres communiqués par l’Institut de santé publique Sciensano, ont encore augmenté, que cela soit en terme de nouvelles contaminations, d'hospitalisations ou de décès.

Yves Van Laethem a tenu à rappeler que nous sommes à quelques jours des vacances de Toussaint, qui vont d'ailleurs être prolongées. " Si vous ne travaillez pas, tentez de profiter en redécouvrant des films, livres, en faisant des balades, mais limitez surtout vos contacts en respectant les règles. Il faut prendre nos responsabilités. On ne doit pas vivre comme des moines, on ne doit pas s'éloigner des autres, mais on doit user des moyens qui nous permettent de garder nos distances. Découvrez le bouton pause de votre tableau personnel. La manière dont nous allons agir dans les deux semaines est essentielle sur l'évolution de la situation et on doit aider le système pour qu'il tienne le coup", a-t-il expliqué. 
 

L'expert est ensuite revenu sur les chiffres, qui continuent d'augmenter. Néanmoins, on constate un retard dans l'augmentation des nouvelles infections (qui pourrait être lié à la nouvelle stratégie de testing qui fait que seuls les symptomatiques sont testés), même si les décès et hospitalisations continuent par contre d'augmenter. Le mardi 20 octobre, nous avons atteint 18.217 nouvelles infections en un jour, un nouveau record. Mais ces chiffres sont appelés à diminuer, vu que nous ne testerons plus dorénavant que les personnes symptomatiques.

Actuellement en moyenne, nous dénombrons 12.491 nouveaux cas hebdomadaires, soit une augmentation de 44% par rapport à la semaine précédente et un temps de doublement de 13 jours. Notons que le nombre de tests ne diminue pas, on a atteint des pics de 80.000 tests en un jour et le taux de positivité a également tendance à augmenter. Un test sur cinq est positif à l'échelle nationale, et un sur trois dans la province de Liège. Si le taux d'infection est toujours significativement important chez les 20 à 30 ans, on glisse de plus en plus chez les personnes âgées. Une situation inquiétante, puisque le taux d'infection le plus élevé par rapport au nombre de personnes dans une même tranche d'âge est chez les plus de 90 ans. Les hospitalisations risquent donc d'augmenter dans les jours qui viennent. Néanmoins, la majorité des cas est toujours recensée dans la population âgée entre 30 et 60 ans.


La Flandre moins touchée ?

Toutes les provinces sont atteintes mais avec un timing différent. La province de Liège (2.145 nouveaux cas) est la plus touchée suivie du Hainaut (2.007 nouveaux cas) et de Bruxelles (1.751 nouveaux cas). Dans le nord du pays, il y a un doublement des nouvelles infections tous les 15 jours, ce qui signifie donc que l'évolution épidémiologique en Flandre a un retard de 10 jours par rapport à la Wallonie.
 

 

Un manque de personnel dans les hôpitaux qui se fait ressentir

On constate un doublement des nouvelles hospitalisations tous les huit jours. Ce samedi, nous avons enregistré 590 nouvelles admissions, à une quarantaine de cas prés, cela équivaut au pic que nous avons connu lors de la première vague. En moyenne, nous enregistrons 468 nouvelles admissions chaque jour. D'ici 15 jours on devrait atteindre les 2 000 patients dans les soins intensifs, soit notre capacité maximale. Yves Van Laethem a dès lors insisté sur le fait de ne pas dépasser non plus la capacité du personnel médical qui elle aussi a ses limites. On a actuellement un absentéisme important dans le personnel hospitalier, on parle en moyenne de 20% d'absence. De plus, un lit covid nécessite un encadrement plus important qu'un lit dit "normal".

Du côté des décès, on en déplore actuellement 42 par jour, soit une augmentation de 38%. Ce vendredi 23 octobre, nous avons atteint les 80 décès.


Pour conclure, l'expert a souhaité rappeler que le télétravail est devenu la règle, il est très fortement recommandé si pas obligatoire. Certaines directions n'appliqueraient pas les mesures de manière optimale. Yves Van Laethem demande donc de ne pas ignorer le point du télétravail. "Moins de personnes dans l'entreprise signifie moins de contact et de personnes dans les transports en commun, ce sont des petits pas dans la bonne direction", a-t-il déclaré.


Antoine Iseux, le porte-parole du Centre de crise, a ensuite tenu à rappeler, au lendemain de toute une série de nouvelles règles, qu'il existe toujours un décalage dans le temps entre la mise en place des mesures et leurs effets concrets dans la société. Selon lui, cette semaine est essentielle, car nous devons essayer de faire baisser les courbes pour les semaines à venir. "Faisons partie de la solution et non du problème. Nous devons chercher à maximiser les règles. Une personne que nous ne voyons pas maintenant c'est peut-être une personne qui ne sera pas hospitalisée demain". L'expert a ensuite rappelé les règles en vigueur, à savoir les règles d'hygiène et de distanciation, dans le cas où les contacts sociaux sont inévitables. Il a également insisté sur le fait qu'il sait que maintenir le contact est essentiel mais qu'il existe une multitude de moyens en dehors de la rencontre physique. "Nous sommes dans une situation difficile mais nous n'en sortirons qu'ensemble. Une société combative et unie est plus forte que ce virus, essayons d'aller plus loin dans l'application des mesures pour lutter contre ce virus. Nous comptons sur vous tous plus que jamais", a-t-il conclu.