Yves Leterme teste des pistes de compromis possible sur les 2/3


L'édito de Christian Carpentier: "Il est temps de faire des choix"


BRUXELLES Un MR perdant patience, lançant lundi midi une date butoir fixée à jeudi, tout en atténuant ensuite le contenu de sa menace en fin de journée (lire par ailleurs).

Puis, en fin d'après-midi, un rappel de sa position "ferme et raisonnable " par le CDH suite à la réunion de ses parlementaires, après avoir annulé son Bureau initialement prévu "en raison de l'agenda ". Ce même CDH rappelait dans la foulée son voeu de voir "dans les jours qui viennent " Yves Leterme adopter "une nouvelle méthode " de travail et déposer "un nouveau texte mobilisateur et fédérateur répondant aux besoins des citoyens de notre pays ".

Pour le reste, il ne s'est rien passé, ce lundi, sur le front de la crise politique qui perdure. Enfin... Du moins, officiellement. Car dans les faits, le formateur semble bien avoir passé le turbo, alternant entrevues discrètes et séances de travail.

"On dirait qu'il a enfin pris la mesure de l'urgence à conclure ", assure ce proche de la négociation. Il a d'ailleurs entamé la rédaction de la quatrième mouture de son projet d'accord de gouvernement, qui pourrait être moins volumineux que l'ancien (DH de lundi).

Mais surtout, il teste des ébauches d'un compromis tenable, en matière communautaire. Des pièces à casser circulent d'ailleurs entre certains négociateurs, et ce depuis dimanche matin.

Face au refus francophone - surtout marqué au CDH - de discuter de matières révisables aux 2/3 avant la formation du gouvernement, M. Leterme essaye de s'inspirer du passé. Plus exactement de la méthode utilisée par Guy Verhofstadt (VLD) pour la formation de ses gouvernements en 1999 et 2003.

Reprise possible mercredi ?

Le compromis final pourrait donc se limiter à énumérer une série de matières nécessitant ces 2/3 sur lesquelles les francophones accepteront de débattre une fois le gouvernement mis sur pied.

Encore faut-il s'entendre sur la formulation de ces matières, entre un CDH qui les veut très généralistes - estimant faire déjà un geste en ravalant son refus pur et simple de parler de réformes aux 2/3 que l'Orange bleue n'aura pas - et un CD&V soucieux d'être le plus précis possible pour sauver la face et son cartel avec la NV-A.

"Accepter de débattre ou même de déposer des textes, ce n'est pas donner l'assurance que ceux-ci pourront ensuite être votés à une majorité restant à trouver, on l'a bien vu par le passé... ", lance cet analyste.

Alambiqué ? "Tant sous l'arc-en-ciel que sous la violette , la technique avait permis de lever l'obstacle majeur à la formation du gouvernement. Ce n'est donc pas le PS ni Ecolo, qui l'avaient validé naguère, qui pourraient contester aujourd'hui le recours à ce procédé... ", ramasse ce ténor.

Les plus optimistes voyaient, hier, l'écueil en passe d'être levé, permettant une reprise officielle des palabres ce mercredi. D'autres faisaient remarquer que la proximité, dimanche, du pèlerinage de l'Yser risquait de compliquer un peu la donne...



© La Dernière Heure 2007