Le nombre de détenus dans les prisons a augmenté de 7% dans le courant de l'année dernière


BRUXELLES L'année 2012 a enregistré une moyenne record de 11.330 personnes incarcérées dans une des prisons belges. Le taux de surpopulation carcérale a également augmenté de 23,7% l'année dernière, selon le rapport annuel de la Direction générale des Etablissements pénitentiaires, présenté jeudi à la prison centrale de Louvain. Le nombre de détenus dans les prisons a augmenté de 7% dans le courant de l'année dernière et a atteint le 17 décembre un nombre record de près de 12.000 prisonniers.

Selon le rapport, les prisons belges disposaient d'une capacité moyenne de 9.159,8 places, alors que le taux de surpopulation a augmenté de 20,2% à 23,7%. La surpopulation carcérale dépassait les 50% dans quatre établissements pénitentiaires, à Dinant (72%), Forest (65,1%), Anvers (64,4%) et Berkendael (50,2%).

La ministre de la Justice Annemie Turtelboom a souligné jeudi qu'elle faisait de cette problématique une priorité, pour rompre "le cercle vicieux de la surpopulation qui augmente constamment". Elle a également rappelé la prolongation temporaire du contrat avec la prison de Tilburg aux Pays-Bas et l'exécution du Masterplan, qui prévoit la construction de nouvelles prisons à Leuze-en-Hainaut, Marche-en-Famenne, Beveren et Haren. "Le recours à la surveillance électronique a également augmenté d'un quart par rapport à il y a trois ans", a ajouté la ministre.

"Une capacité supplémentaire ne suffira pas à faire disparaître la surpopulation carcérale", a cependant averti Hans Meurisse, directeur général de l'administration pénitentiaire.

Le nombre d'évasions a pratiquement diminué de moitié

Le nombre d'évasions de prisons belges a diminué l'année dernière par rapport à 2011, passant de 26 à 14.

Le directeur général a également souligné les difficultés économiques de son administration. Outre les quatorze détenus qui se sont évadés d'un établissement pénitentiaire fermé ou d'un centre fermé pour jeunes, 33 détenus se sont également échappés d'un établissement ouvert ou semi-ouvert, contre 38 en 2011. Les détenus qui ont pris la fuite alors qu'ils se trouvaient à l'hôpital ou lors de leur transfert au Palais de justice sont également compris dans ces statistiques.

L'année dernière, différentes mesures ont été prises pour renforcer la sécurité. Le directeur général de l'administration pénitentiaire, Hans Meurisse, a notamment souligné l'accent mis sur le contrôle des téléphones portables, l'utilisation de chiens spécialisés dans la recherche de drogues et la mise en service de nouveaux portiques de détection de métaux. Un système de gestion et de suivi a également été élaboré afin d'identifier, en fonction de plusieurs critères, les détenus présentant un profil à risque.

Selon Hans Meurisse, la crise économique handicape la Direction générale des Etablissements pénitentiaires. Des économies supplémentaires seraient d'ailleurs difficilement envisageables. "On nous demande souvent de prendre des initiatives pour réduire les dépenses. Mais s'il n'y a pas d'excédent d'argent, il est impossible d'économiser." Les trois-quarts du budget (447 millions d'euros sur près de 590 millions) sont alloués au personnel alors qu'il a été convenu de ne pas réduire les effectifs, a encore ajouté le directeur général.

© La Dernière Heure 2013