Une action motivée par des négociations autour d'une nouvelle convention collective sur les salaires et les primes du personnel de cabine qui n'ont pas encore abouti à un accord. Une dernière tentative de médiation entre les représentants du personnel et la direction de la compagnie irlandaise à bas coûts organisée vendredi n'a pas permis d'aboutir aux solutions espérées. Le transporteur emploie environ 650 personnes en Belgique mais n'y dispose pas d'un département RH, dénonce la CNE. "Ryanair reconnaît qu'elle est soumise à la législation belge mais refuse d'investir dans une politique du personnel. Les fiches de salaire sont erronées, les salaires ne sont pas payés correctement, les documents sociaux ne sont pas en ordre, etc. Cela crée une source permanente de problèmes pour le personnel en Belgique", dénonce Didier Lebbe, secrétaire permanent du syndicat chrétien.

"Certains membres du personnel qui ne sont plus autorisés à prendre l'avion, en raison d'une grossesse par exemple, sont sans salaire/avantages sociaux depuis des mois", illustre son homologue flamand Hans Elsen, de l'ACV Puls. "Ryanair n'a aucun respect pour le bien-être de son personnel."

Les syndicats chrétiens dénoncent également que 75% du personnel de cabine perçoit le salaire minimum du secteur, et ce alors qu'ils travaillent les jours fériés et les week-ends, tôt et tard. "Tout cela pour un montant brut dérisoire de 2.000 euros. Bien que Ryanair ait une marge bénéficiaire de 30% à Charleroi, la plus grande base de Belgique, et qu'elle s'attende à réaliser un bénéfice d'un milliard d'euros cette année, il n'y a aucune marge pour une amélioration du pouvoir d'achat des travailleurs", fustigent CNE et ACV Puls.

Par cette action de trois jours, qui vise à éviter que le transporteur irlandais ne puisse casser la grève, les deux syndicats entendent montrer que le personnel de cabine est un élément essentiel de la compagnie et que ce sont eux qui font fonctionner Ryanair.