Si M. de Kerchove préfère ne pas s'exprimer sur l'état de la menace d'un état membre, il estime toutefois que les autorités belges - comme le renseignement, la police, le parquet ainsi que l'OCAM) - "font un boulot extraordinaire". "Notamment sur l'extrême droite violente et l'islamisme radical. Ça montre une très bonne connaissance et que le phénomène est très suivi", poursuit-il.

En Europe, la menace des groupes terroristes islamistes "n'a pas diminué". "En revanche, on a fortement réduit notre vulnérabilité: les services de renseignements, les polices, les justices d'Europe travaillent beaucoup mieux ensemble et sont plus efficaces dans l'interruption des projets d'attentat".

"Daech n'est plus en capacité de projeter des équipes de tueurs comme il l'a fait au Bataclan et ici à Bruxelles", assure le coordinateur. Demeure cependant la menace émanant "des acteurs isolés, non liés à Daech ou Al-Qaïda, qui se radicalisent et qui passent à l'action avec des moyens peu sophistiqués". La menace "n°1" en Europe, "c'est le couteau de cuisine, le hachoir de boucher, la voiture", met-il en garde.

M. de Kerchove cite encore comme autres préoccupations, "l'extrême droite violente et, dans certains cas, l'extrême gauche violente. Mais aussi de nouvelles formes de radicalisations qui sont de faible intensité mais qui pourraient se développer". La crise sanitaire liée au coronavirus "a pas mal boosté la violence d'extrême droite", souligne-t-il pointant aussi la "technophobie". "On l'a vu pendant le confinement avec des gens qui mettaient le feu à des antennes 5G. Ce sont des gens qui pourraient être très agressifs parce qu'ils se sentent mis de côté par le développement technologique".