L’avocat de la famille syrienne qui demande un visa est furieux.

Lorsqu’elle a appris que la Belgique refusait de délivrer un visa à quatre Syriens en danger, la famille namuroise qui souhaitait les accueillir est tombée des nues. Depuis 2014, année où elles se sont rencontrées en Turquie, les deux familles se sont liées d’amitié et sont devenues très proches. "On ne comprend pas, déplore Me Mitevoy, conseil de la famille syrienne, la situation de cette famille est plus que critique. Vous avez vu ce qu’il se passe à Alep en ce moment ?"

Mais ce qui met cet avocat en rogne, outre la détresse de ses clients, c’est bien l’attitude du secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, Théo Francken. "On a le sentiment qu’il se place au-dessus des lois. Il refuse clairement de respecter une décision de la justice", s’époumone-t-il. Et précise que le moyen de pression pour faire respecter la décision du tribunal de première instance est de passer par l’astreinte de 4.000 € par jour que réclame un huissier au cabinet Francken. "Le secrétaire d’État pointe toujours du doigt les illégaux. Or, cette famille demande un visa dans les règles de l’art, sans passer par des réseaux de passeurs, sans passer par l’illégalité. Comment peut-on prétendre offrir une protection si on ferme les portes légales ? C’est absurde !", martèle Me Mitevoy.

La famille namuroise qui souhaite ouvrir ses portes à ce couple de Syriens et leurs deux enfants âgés de 5 et 8 ans, n’a pas souhaité s’exprimer sur ce dossier. Depuis quelques jours, en guise de réponse à leur généreux geste, ils n’ont reçu que des menaces et des mails d’insultes.