“Prendre en compte le volet psychologique pour les jeunes, c’est important. Mais ça l’est aussi pour nos entrepreneurs, pour le personnel, pour les fournisseurs. On a une ligne du temps, c’est une bonne chose, ça va rassurer certains, ceux qui survivent, mais on est dans les semaines de trop”, déclare Thierry Neyens, de la Fédération Horeca Wallonie, à l’annonce du Codeco qui a décidé de ne pas rouvrir l’Horeca avant le 1er mai.

“Il faut également des indemnités sans disparités au niveau des régions. La coordination fédérale est indispensable. Les charges deviennent intenables pour certains. Les aides doivent absolument être calibrées sur ces charges, les pertes de chiffre d’affaires, etc. Sinon on se retrouvera avec un désert, une disparition des professionnels du secteur”, ajoute-t-il.

Même son de cloche du côté de la fédération bruxelloise. “Il y a une perspective, c’est vrai. Mais soixante jours à attendre… ce sont des milliers de faillites en plus. J’ai la détresse tous les jours au téléphone, et les engueulades. Le gouvernement a enfin pris ses responsabilités mais il faut également qu’il trouve des solutions pour que les entrepreneurs puissent survivre”, déclare Fabian Hermans.

“Il faut pleurer ?”

“Le secteur a fait le gros dos, a tenu mais il paie le manque de coordination de la campagne de vaccination et ses dérapages. Il y a pourtant des solutions pour l’Horeca, alors que dans le privé comme dans les parcs, il y a des débordements. Les professionnels du milieu peuvent mettre en place un protocole sécurisé. La procédure de réouverture pourrait se faire crescendo, avec des évaluations toutes les trois semaines. Mais attendre jusqu’en mai, c’est trop”, regrette encore Thierry Neyens.

Cependant, il estime que la réouverture globale est une bonne solution. “La piste parfois envisagée de la réouverture des terrasses ne suffit pas, c’est injuste pour les établissements qui n’en ont pas et ça pourrait provoquer des problèmes. Il faut rouvrir l’Horeca dans l’ensemble mais dès que possible, avec des règles. Je n’ai plus de mots. Que faut-il faire d’autre ? Il faut pleurer ?”, conclut-il, laissant présager une action des professionnels du secteur le 13 mars, date “anniversaire” du confinement provoqué par la pandémie de Covid-19.