La prudence était de mise rue de la Loi après la sortie du secrétaire d'Etat PS. "Nous sommes en train d'analyser techniquement si et comment un tel fonds peut être mis en place. Si c'est le cas nous en discuterons au sein du gouvernement", a-t-on expliqué chez M. De Croo.

Le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem (CD&V), ne s'est pas plus avancé. "Nous avons toujours dit que nous voulions être solidaires. Nous avons déjà fait des efforts au niveau fiscal, par exemple avec la TVA sur la construction, nous regardons aussi la possibilité de nous montrer plus souples au niveau des avertissements-extraits de rôle. Le mieux est d'en parler au sein du gouvernement", a-t-dit en marge d'une conférence de presse.

La note déposée lundi par M. Dermine, évoquée par "Le Soir", vise la prise en charge exceptionnelle de 50 % du financement des infrastructures régionales touchées par les crues de la mi-juillet, soit 600 millions d'euros qui bénéficieront en très grande partie à la Wallonie, bien plus touchée que la Flandre.

L'opposition nationaliste flamande voit d'un mauvais oeil cette proposition. Elle met en cause la gestion de la Région wallonne. "Quelle garantie avons-nous que l'aide aboutisse effectivement chez les victimes? Tout le monde peut voir que le gouvernement wallon préfère rester propriétaire d'aéroports, de parcs éoliens, d'entreprises telecom, IT, énergétiques et d'armement, d'un journal... Priorités?" a demandé sur Twitter le député Sander Loones (N-VA) en réponse à un professeur d'économie du travail de l'UGent.

Sur la base d'un récent rapport de la Banque nationale de Belgique, M. Dermine a toutefois fait remarquer que le modèle fédéral belge était loin d'être l'un des plus solidaires d'Europe, au contraire de ce que laissent entendre certains en Flandre. "Il faut en finir avec ce discours communautaire à l'égard des victimes des inondations. Cela est indécent. Personne n'a choisi d'être la victime de cette catastrophe, ni en Flandre, ni en Wallonie. Le modèle belge n'est pas le plus généreux, loin de là. Si le niveau fédéral faisait autant que le gouvernement fédéral allemand, les régions touchées recevraient trois fois plus de soutien. En comparaison avec d'autres pays européens, les transferts entre Régions sont très limités. Mais je ne veux pas nier que la Wallonie doit aller de l'avant par elle-même", a-t-il déclaré.

Le gouvernement wallon a adressé la semaine passée une lettre au Premier ministre pour lui demander de faire preuve de plus de solidarité vis-à-vis des zones sinistrées en Wallonie. Outre une contribution financière, le ministre-président Elio Di Rupo formulait également des demandes en matière fiscale, la prolongation du droit passerelle et une garantie sur des emprunts contractés pour la reconstruction.

Le travail sur ces demandes a bien avancé, a-t-on assuré chez M. De Croo qui a reçu une liste précise de Namur. Celle-ci a été parcourue vendredi après-midi par les chefs de cabinet, une note a été partagée ce week-end et les mesures fédérales qu'elle contient seront discutées au gouvernement fédéral cette semaine.

L'appel au fédéral est également porté par le ministre régional du Budget, Jean-Luc Crucke (MR), qui a appelé le monde politique a être en adéquation avec l'élan de solidarité dans la population. "En l'absence d'un signal positif du Fédéral, se posera une question: Fédéral = Flandre?" déclarait-il la semaine passée dans "L'Echo".