Les causes de l’incendie seraient identifiées, mais les gestionnaires refusent de donner davantage de précisions.

Après qu’un incendie se fut déclaré vendredi soir dans un tableau d’alimentation électrique dans un bâtiment annexe, le réacteur Tihange 1, qui s’était éteint automatiquement, pourrait être remis en route le 23 décembre à 23h59. "C’est la date prévue, mais elle pourrait être modifiée", indique Serge Dauby, chargé de la communication à la centrale nucléaire de Tihange.

Pour rappel, pendant cet incendie, un travailleur d’Électrabel a été emmené à l’hôpital après avoir ressenti des picotements, alors qu’il travaillait à l’isolement. Après avoir subi des tests, l’homme a pu sortir de l’hôpital.

Depuis l’incident, le personnel travaille afin de déterminer l’origine exacte de l’incendie. Les causes auraient été identifiées, selon Serge Dauby qui refuse d’entrer dans les détails. "Des dizaines d’hommes travaillent à identifier le cheminement qui a causé le problème. Nous avons trouvé les causes directes, mais nous voulons remonter tous les éléments afin que cela ne se reproduise plus. Il y a une multitude d’actions qui doivent encore être entreprises", poursuit Serge Dauby.

L’homme se veut rassurant. "Nous n’agissons pas à l’aveugle", termine-t-il.

Ces explications ne rassurent pas Rodrigue Demeuse, conseiller communal Écolo à Huy et secrétaire régional d’Écolo Huy-Waremme, qui a plusieurs fois demandé des explications concernant les incidents qui se sont produits à la centrale. "Si les gestionnaires sont au courant de la cause, il n’y a pas de raison de ne pas la communiquer", s’indigne le mandataire. "On peut remarquer que, souvent, la communication est peu claire sur la nature exacte des incidents. Ces incidents ne devraient pas arriver, même s’ils n’ont pas lieu dans la partie nucléaire."

Rodrigue Demeuse a recensé les derniers incidents nucléaires : "Il y a eu près d’une dizaine d’incidents en 2015. Fin septembre, c’était encore Tihange 1 qui était mis à l’arrêt. Pour le moment, il ne s’agit que de petits incidents, mais cela n’est pas du tout rassurant", termine-t-il.


Redémarrage du réacteur nucléaire de Doel 3

Le réacteur nucléaire de Doel 3 a redémarré dans la nuit de dimanche à lundi, a annoncé lundi son exploitant, Electrabel. En début de semaine dernière, c'était Tihange 2 qui avait été relancé. Les deux centrales étaient à l'arrêt depuis fin mars 2014. Peu après 4H00, Doel 3 a été remis sur le réseau d'électricité, a précisé une responsable de la communication au sein de la centrale anversoise. Vers 8h30, le réacteur était à 30% de sa capacité. Dans la nuit de mardi à mercredi, il devrait tourner à plein régime. Le redémarrage a finalement eu lieu quelques jours plus tard que prévu.

Doel 3 et Tihange 2 avaient été une première fois mis à l'arrêt à l'été 2012 lorsque des défauts dans les cuves en acier avaient été découverts lors d'un arrêt planifié pour la maintenance. Une enquête approfondie avait permis de déterminer qu'il s'agissait d'un "problème de cloquage dû à l'hydrogène survenu lors du forgeage de l'acier des anneaux composant la cuve". En mai 2013, Electrabel avait reçu l'autorisation de reprendre l'exploitation des réacteurs, dans l'attente d'une enquête complémentaire.

Celle-ci avait mis au jour des résultats inattendus au cours de tests et les deux réacteurs avaient à nouveau été mis à l'arrêt par sécurité en mars 2014.

Mi-novembre, l'Agence fédérale de contrôle nucléaire avait une nouvelle fois donné son feu vert au redémarrage des deux installations, plus aucun élément ne s'opposant à une reprise de l'activité.