Représentant quelque 9 millions de mètres carrés au total, plus de 80% de ces implantations ont en effet plus de 30 ans d'âge, selon cette enquête menée auprès des directions d'écoles au printemps dernier et dont les résultats ont été présentés lundi en commission du parlement francophone.

En raison d'un sous-investissement chronique depuis quatre décennies, seuls 20% des bâtiments scolaires ont connu des travaux de rénovation depuis 1975.

Alors que les bâtiments scolaires devront théoriquement parvenir à la neutralité carbone d'ici 15 à 20 ans, l'étude montre tout le défi énergétique à relever: 58% des implantations ont ainsi un toit dépourvu de toute isolation, 74% disposent des murs non-isolés, et 44% n'ont pas de double-vitrage aux fenêtres...

Six écoles sur dix ne tiennent d'ailleurs aucune comptabilité énergétique.

Autre élément inquiétant: quelque 20% pour cent des bâtiments souffrent de problèmes importants, soit en matière de sécurité (amiante, sécurité électrique, incendie, stabilité) ou des défauts (toitures, menuiseries extérieures, etc).

En termes d'espaces disponibles, 30% des implantations scolaires de la FWB disent ne pas disposer de la place nécessaire à leurs besoins, dont 9% pour qui le problème est qualifié de "critique".

Si près de 95% des écoles ont aujourd'hui un accès à internet, 29% d'entre elles ne disposent toutefois pas du câblage nécessaire pour assurer un usage des outils numériques à des fins pédagogiques.

En termes de développement durable, seuls 15% des implantations scolaires disposent actuellement de panneaux solaires, et seuls 13% récupèrent l'eau de pluie. La proportion d'écoles disposant d'un système mécanique de circulation d'air est du même ordre.

A l'heure où cette donnée est au centre de l'attention suite à la pandémie coronavirus, le sondage montre enfin qu'à peine... 2% des écoles disposaient d'un détecteur de CO2 au printemps dernier.

Selon des estimations du ministre en charge des Bâtiments scolaires Frédéric Daerden, la rénovation de ceux-ci nécessitera au moins 2 milliards d'euros dans les années à venir.

Une partie sera financée par le récent plan de relance de l'Union européenne. D'autres pistes sont étudiées, comme le recours éventuel à des partenariats public-privé.

Selon des estimations réalisées l'an dernier, sans intervention, 40% du parc scolaire de la FWB pourrait tout bonnement être contraint de fermer ses portes d'ici 5 à 10 ans en raison de son état de vétusté et d'insalubrité.