Ce lundi, la Belgique risque de connaître des perturbations à tous ses étages. Des actions syndicales sont prévues aux quatre coins du pays, et dans tous les secteurs. Alors, à quoi s’attendre concrètement ? Tentative de réponse selon les différents secteurs.

Au niveau des transports en commun, on ne constate pas d’arrêt total des liaisons, mais bien des perturbations à la SNCB mais aussi du côté de la STIB , de De Lijn et des TEC. Le mouvement est fort suivi. Il convient donc de préparer son trajet et de partir un petit peu plus tôt que d’habitude. Au niveau des services publics en général, des actions ponctuelles et des arrêts de travail sont aussi à prévoir par solidarité avec le secteur privé, la grève prenant source du côté des négociations entourant le prochain accord interprofessionnel qui doit déterminer la façon dont pourront évoluer les salaires dans le secteur privé en 2021 et 2022.

Pour ceux qui prendront la route ce lundi, il se pourrait que des barrages filtrants soient dressés dans les zonings. Un piquet de grève a été dressé sur le site d'Arcelor-Mittal à Jemeppe-sur-Meuse. Des caravanes pourraient aussi perturber la circulation à certains endroits, des actions mobiles étant prévues dans certains secteurs. Une trentaine de militants sont présents ce matin chez Brucargo, la division cargo de Brussels Airport. L'action n'aura toutefois pas de conséquences sur le transport des vaccins contre le coronavirus. 

Au niveau des commerces, il vaut mieux éviter d’aller faire ses courses ce lundi. Plusieurs grandes enseignes d'alimentations garderont portes closes ce lundi et des piquets de grève ont été annoncés devant plusieurs commerces dans plusieurs régions belges. “Une grosse partie du secteur de l’alimentaire sera perturbée, voire complètement fermé , prévient Delphine Latawiec, responsable du secteur commerces à la CNE. Il y aura des piquets de grèves devant les grands supermarchés, mais aussi devant les grandes enseignes comme Ikea ou encore Action. Pour le reste, la fermeture (sauf sur rendez-vous) complique un petit peu les choses mais on peut s’attendre à des actions, même ponctuelles, un peu partout. En tout cas, on peut s’attendre à ce que le message soit suivi par un grand nombre de personnes vu la grogne actuelle et la situation difficile qu’on vit depuis un an.

Et si ces exemples concernent des secteurs qui ont l’habitude de débrayer des grèves intersectorielles, des actions sont prévues dans des secteurs plus calmes. C’est par exemple le cas du côté des assurances et de la finance. “ Ce ne sont pas les secteurs le plus représentatifs en temps normal, et le télétravail n’aide pas , avoue Philippe Samek, responsable finances à la CNE. Des actions symboliques sont prévues à Bruxelles avec une caravane qui s’arrêtera devant les sièges des grandes banques et des assureurs. Des piquets sont aussi prévus à gauche à droite.

Cette journée donnera en tout cas lieu à la première grève en télétravail de l’histoire pour beaucoup de travailleurs. “ Cela va être très intéressant à suivre , sourit-il. Nous avons demandé à nos membres de suivre le mouvement, même de chez eux. Faire grève, c’est arrêter de travailler et le télétravail ne l’empêche pas.