Belgique De Liège à Bruxelles en passant par Charleroi, les Belges se sont démenés pour accueillir les demandeurs d’asile.

Cela faisait longtemps, très longtemps, que la Belgique ne s’était pas mobilisée de la sorte pour venir en aide à une frange de la population dans le besoin. Ainsi, du nord au sud du pays, les actions de solidarité et autres rassemblements altruistes ont spontanément été organisés. Ici des cantines mobiles, là des collectes de vêtements chauds pour l’hiver. Le moins que l’on puisse écrire, c’est que les réfugiés n’ont pas à se plaindre de l’accueil (humain) qui leur a été réservé.

À tel point que, depuis une semaine, la Croix-Rouge, qui se trouve en première place en matière d’accueil des demandeurs d’asile, exhorte les Belges à stopper leurs dons matériels. "Pour le moment, nous avons vraiment tout ce qu’il nous faut. Il nous faut maintenant trier tout ce qui nous a été donné" , explique Nancy Ferroni, de la Croix-Rouge.

Optez plutôt, si vous désirez faire preuve de solidarité, pour les dons sous forme d’argent. "Cela nous permet ainsi d’aider ceux qui ne sont pas encore arrivés en Belgique. Nous sommes par exemple présents en Syrie, ou l’on manque de tout" , poursuit Mme Ferroni.

Mais la situation risque de bouger ces prochains mois. "Une fois autorisés à rester sur notre territoire, les réfugiés vont devoir trouver des logements plus durables. Il n’est donc pas exclu qu’à ce moment-là nous puissions avoir besoin d’objets divers pour équiper leurs nouveaux appartements. Mais ce n’est pas pour tout de suite" , conclut Nancy Ferroni.

Alors, si vous avez chez vous un ancien canapé, des meubles que vous n’utilisez plus ou encore un matelas rangé dans le garage, attendez un peu avant de vous en débarrasser. Tout cela pourrait s’avérer d’une grande utilité pour une famille de réfugiés.


Des 5e et 6e secondaires à Bruxelles

"Je suis choquée, cela change de la télé"

Près de 130 élèves des 5e et 6e années de l’institut de la Vierge Fidèle étaient de sortie ce mardi matin, dans le quartier nord de la capitale. Si ces étudiants étaient accompagnés d’une quinzaine d’enseignants, il ne s’agissait pourtant aucunement d’une excursion. Ces jeunes Bruxellois de 16 à 18 ans étaient en effet venus apporter aux demandeurs d’asile du parc Maximilien de quoi petit-déjeuner. "On a apporté au total 150 petits déjeuners composés d’une boisson chaude, d’un fruit et d’un croissant" , explique Evelyne Tilmans, la professeur de géographie et d’histoire qui se trouve derrière le projet.

Après que la problématique des migrants a été abordée en classe, les enfants ont été invités à ramener ce mardi fruits, biscuits et jus de fruits. Dès 7 h 30 et jusqu’à 9 h, les élèves de l’institut de la Vierge Fidèle ont arpenté par groupes de deux ou de trois le trottoir bordant l’Office des étrangers. Ils ont alors proposé plus ou moins timidement aux centaines de demandeurs d’asile fruits, biscuits et bouteille d’eau.

"Je leur ai apporté des biscuits et des biscottes" , explique Victoria, une rhéto de 16 ans, tandis qu’à ses côtés, Manon, 17 ans, indique "avoir amené des "couques, du pain et du jus d’orange" . Alors que les jeunes distribuent leurs fruits, Noëlla, 17 ans, ne cache pas sa stupéfaction. "Je suis vraiment choquée. J’avais vu les images à la télé mais, en vrai, cela change tout ! Je ne m’attendais pas à autant de monde !" , s’exclame-t-elle. "C’est une expérience à vivre ! On voit ces gens venus de loin avec peu de moyens. Cela interpelle", lâche Robin, 18 ans.


Michele et Lucas, de Lodelinsart

"Les gens nous disent merci alors que c’est à nous de les remercier"

Michele et Lucas n’en croient pas leurs yeux. Ces deux jeunes de 20 et 16 ans font partie de la maison de jeunes Secteur 42 à Lodelinsart. Le 2 septembre, ils ont lancé une collecte de dons pour les réfugiés du centre Fedasil de Jumet. En quelques heures, ils ont récolté de nombreuses caisses et sacs remplis de vêtements, mais aussi du matériel de puériculture, des jeux, des livres.

Cette idée de collecte a été lancée par les jeunes eux-mêmes. "Nous avons vu toutes ces personnes débarquer en Europe à la télévision. Elles arrivent sans rien, même pas avec une couverture, et on a eu envie de les aider", témoigne Michele. Ils ont tout de suite été soutenus par les animateurs et le responsable de la maison de jeunes.

"Nous avons discuté de la problématique avec nos jeunes", explique David Conte, l’un des animateurs. "On s’est rendu compte qu’ils utilisaient un ton très humain, sans cliché ni racisme. Ils ont d’ailleurs été très choqués par certains commentaires lus sur les réseaux sociaux."

Si cette initiative fait chaud au cœur, la réaction de la population a aussi agréablement surpris l’équipe. "On se rend compte que les gens sont généreux, même ceux qui ont peu de moyens", ajoute Michele. "Ils nous disent merci alors que c’est nous qui voulons les remercier pour leur beau geste. Nous sommes en tout cas fiers de notre contribution." Les jeunes espèrent désormais rencontrer les réfugiés de Jumet pour discuter avec eux.

© D.R.