Belgique Tous les mois, l'Onem reçoit 200 plaintes concernant des fraudes sociales. Par mail, par courrier ou par téléphone, tous les moyens semblent bons pour dénoncer un tricheur. Deux types de plainte se distinguent.  "ll y a les irrégularités liées à la situation familiale de la personne. On va ainsi nous expliquer qu'untel cohabite avec une dame, alors qu'il touche des allocations d'isolé. Ou qu'untel ne vit pas vraiment à l'adresse indiquée... Puis il y a tout ce qui concerne le travail non déclaré. Des personnes qui cumulent des allocations sociales ou de chômage, et qui exercent un travail sur le côté", explique Eric Pauwels, du bureau de l'Onem de Liège, à nos confrères de Sudpresse.

Vengeance et jalousie: les ingrédients déclencheurs

Pourquoi aller dénoncer son voisin ? Les raisons peuvent être multiples mais les deux principales sont la jalousie et la vengeance. Un "honnête citoyen qui paie ses impôts" en aura par exemple ras-le-bol de voir l'autre gagner mieux sa vie parce qu'il profite du système. Des problèmes familiaux tels que séparation, divorce ou héritage peuvent également amener à des dénonciations.

Un système très secret

L'Onem examine scrupuleusement chaque plainte. "Nous garantissons l'anonymat des personnes qui dénoncent. La personne qui subira le contrôle ne saura jamais que nous agissons sur la base d'une dénonciation, et encore moins le nom de celui qui nous a informés", confie encore Eric Pauwels.

Un contrôleur se rend sur place afin de vérifier l'infraction. La personne frauduleuse risque alors de devoir rembourser l'argent "volé" et de voir ses allocations suspendues. Dans les cas les plus graves, des poursuites judiciaires sont possibles, avec des peines de prison de 6 mois à 3 ans et des amendes allant de 600 à 6.000 euros.

Un site pour... dénoncer ses "amis"

Outre l'Onem, la police est également disposée à recevoir les plaintes liées à la fraude sociale. À Charleroi, par exemple, le commissariat reçoit au moins une plainte par mois concernant du travail au noir.

Mais le système des dénonciations va encore prendre plus d'ampleur d'ici la fin de l'année, puisque le SIRS (Service d'Information et de Recherche Sociale) est en train de mettre au point un site internet sur lequel les citoyens pourront dénoncer leurs connaissances frauduleuses.

"L'objectif n'est pas d'inciter à la délation, ou de faire jouer un rôle de policier au citoyen. Simplement de permettre à des personnes lésées de dénoncer des faits", assure-t-on du côté du cabinet de John Crombez, secrétaire d'Etat à la Lutte contre la fraude.