L'émergence du variant britannique en Belgique fait craindre le pire aux experts. Alors que certains estiment que la troisième vague a déjà débuté, d'autres ne sont guère optimistes pour les prochaines semaines. A commencer par Emmanuel André, qui craint que de nouvelles mesures seront bientôt inévitables pour éviter la saturation de nos hôpitaux.

"Cette semaine et les semaines qui viennent, il y aura probablement des informations épidémiologiques objectives difficiles à entendre", écrit le microbiologiste de la KUL sur Twitter. "Elles impliqueront des choix difficiles à faire en tant que société. Car la souffrance, la lassitude et les fragilités sont partout après un an."


"Trois épidémies en Belgique"

Marc Van Ranst s'inquiète tout autant que son collègue de la KUL. "En fait, nous avons actuellement trois épidémies en Belgique", a indiqué le virologue à nos collègues du Het Laatste Nieuws. Il parle évidement de la "souche normale", mais aussi des deux variants britanniques et sud-africains. Il estime que les mesures actuelles auront "moins d'impact sur la propagation des variants". Sous-entendu: il faudra peut-être durcir les règles. "Les virologues sont inquiets, c'est sûr. Nous sentons la troisième vague arriver. Et nous risquons d'être à nouveau surpris par la courbe exponentielle. Sauf que cette fois, elle augmentera encore plus vite, en raison de la plus grande contagiosité du virus."

Inutile d'espérer assouplir les mesures, et permettre aux métiers de contact de rouvrir le 13 février prochain, comme envisagé après le Codeco de vendredi dernier. "Sans le variant britannique et sud-africain, on aurait pu rouvrir. Désormais, c'est totalement infaisable", conclut Van Ranst.