Les ministres de la Justice et de l'Intérieur Annemie Turtelboom et Joëlle Milquet ont convenu mercredi avec les syndicats de police d'un nouveau rendez-vous le 27 novembre pour évaluer la mise en place de mesures visant à lutter contre la violence faite aux policiers. Annoncées l'année dernière, une dizaine de mesures ont commencé à être concrétisées et d'autres sont en voie de finalisation, ont assuré les deux ministres lors d'une rencontre en marge de la manifestation des policiers, mercredi dans le centre de Bruxelles. Les représentants syndicaux ont réagi positivement aux annonces faites (enregistrement affiné des faits, campagne de sensibilisation, meilleure protection, amélioration des ressources humaines, justice accélérée...), estimant qu'elles rencontraient pour la plupart leurs doléances. Ils restent toutefois prudents, attendant de voir la concrétisation des décisions sur le terrain.

L'essentiel des mesures dont il a été fait état mercredi avaient déjà été annoncées fin septembre 2012. Bon nombre d'arrêtés royaux sont prêts et attendent l'accord du ministre du Budget Olivier Chastel, a indiqué Joëlle Milquet. Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique Hendrik Bogaert a également été sollicité pour avancer.

Egalement dans l'attente d'un accord budgétaire, la campagne de sensibilisation "respect envers les agents de l'autorité" sera soumise demain/jeudi au Conseil des ministres.

De son côté, Annemie Turtelboom a établi un protocole d'accord entre la police et la Justice précisant les démarches à entreprendre après chaque situation de violence ainsi que l'ensemble des tâches à accomplir. La ministre transposera ce protocole en une circualire ministérielle et chargera le Collège des procureurs généraux d'établir une directive.

"Ce qui a été énoncé nous convient largement et rencontre l'essentiel de nos demandes. Mais à ce jour, seules deux décisions prises ont été concrétisées. Nous attendons de voir. Au-delà des paroles, il y a cette fois des échéances qui nous laissent les mains libres pour réagir", a indiqué Liliane Lemauvais, secrétaire fédérale de la CGSP (socialiste) en charge du dossier police. Même son de cloche du côté de la SLFP et de la CSC. "La confiance est en train de se rétablir alors que depuis un an nous avions le sentiment que rien ne se faisait. Les ministres nous ont montré qu'elles agissaient. Mais nous restons prudents. Nous entendons que cela dépend aussi d'un partenaire au gouvernement. L'ensemble des partenaires a intérêt à se montrer solidaire s'il ne veut pas voir se développer des actions plus nerveuses", a indiqué le président du Groupe police du Syndicat Libre de la Fonction publique, Vincent Gilles.

Une première rencontre est prévue avec les ministres ou leurs représentants le 30 octobre, une date qui avait déjà été fixée après le dépôt d'un préavis de grève qui prendra cours fin novembre. Un nouveau rendez-vous a cette fois été inscrit le 27 novembre, pour évaluer la concrétisation des décisions. Mettant la pression, les syndicats ont maintenu le préavis de grève qui prendra cours fin novembre.


4.000 policiers et quelques personnalités

D'après la police locale, environ 4.000 policiers manifestaient mercredi après-midi, à Bruxelles, pour dénoncer les violences subies par les agents. Les manifestants se trouvaient, vers 14H30, à la Colonne du Congrès à Bruxelles. Ils se sont ensuite déplacés vers le carrefour Loi-Régent. Quatre syndicats de police - SLFP-Police, CGSP, SNPS et CSC-SP - ont alors demandé aux ministres de l'Intérieur Joëlle Milquet et de la Justice Annemie Turtelboom de mener à son terme le dossier sur la violence contre les agents de police.

"Le dossier des violences subies par les policiers, qui augmentent tant en nombre qu'en gravité des faits, est malheureusement récurrent. Tous les milieux sociaux sont concernés. Du braqueur chevronné au kinésithérapeute, les gens n'hésitent pas à faire preuve de violence physique envers les policiers", a indiqué Vincent Gilles, président National du SLFP-Police. "Les syndicats de police rencontreront les ministres de la Justice et de l'Intérieur à 15h30. Nous espérons qu'elles leur feront des annonces concrètes et leur présenteront un agenda clair. Si c'est le cas, les policiers retourneront à la Colonne du Congrès où ils achèveront leur action. Dans le cas contraire, ils continueront leur manifestation au carrefour Loi-Régent."

Au cours de la manifestation, plusieurs personnalités ont fait leur apparition. A commencer par Bart De Wever, le bourgmestre d'Anvers. Il a échangé une poignée de main avec Luc Trullemans, venu en compagnie de Mischael Modrikamen, le président du parti populaire.

Crédit: Belga


À la base: des engagements non tenus

Selon le syndicats, Joëlle Milquet et Annemie Turtelboom ont pris en décembre dernier treize engagements visant à combattre la violence dont sont victimes les policiers. Un an plus tard, ils estiment que seulement deux de ces treize engagements ont été tenus.