Animations pour enfants, musique, défilé et feu d’artifice : les traditionnels plaisirs de la Fête nationale ne pourront cette année animer le pays, pandémie de Covid-19 oblige. À Bruxelles, le quartier des Marolles et le parc Royal resteront vides, respectant ainsi la décision du Conseil national de sécurité d’annuler tous les événements de masse jusqu’au 1e septembre. C’est donc un programme allégé qui a été mis en place par le Palais et le ministère de l’Intérieur.

Les commémorations ont débuté par le Te Deum à la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule, en présence d’une centaine d’invités seulement, dont le Roi, la Reine et leurs quatre enfants. Trois minutes de silence ont été observées à 10h en mémoire des victimes du Covid-19, qui a fait près de 9 800 décès en Belgique depuis le début de la pandémie. "Je pense qu’il est important de saisir l’occasion pour saluer, de manière digne et solennelle, l’esprit de rassemblement dont nos citoyens ont témoigné au cours des derniers mois. Nous voulons les mettre à l’honneur et rendre hommage aux personnes qui sont malheureusement décédées des suites du coronavirus", explique le ministre de l’Intérieur Pieter De Crem (CD&V).

Le personnel de garde dans les casernes et avant-postes a observé 3 minutes de silence en hommage aux victimes de la pandémie et ceci dans le cadre de l'hommage national © D.R.

Les quelque 300 000 personnes qui se rassemblent habituellement dans le centre de la capitale pour assister au défilé militaire et civil, aux festivités dans le parc et au feu d’artifice pourront suivre de chez elles, à travers le petit écran, la cérémonie organisée à 14 h sur la place des Palais. Elle réunira environ 200 invités, contre 2 000 en temps normal, et célébrera le 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

La parade militaire sera remplacée par un défilé restreint, auquel prendront part une dizaine de véhicules historiques de la Brigade Piron, qui a participé à la libération de la Belgique et des Pays-Bas. Trois anciens combattants et trois jeunes représentants des héros de la crise sanitaire en descendront, symbolisant l’échange intergénérationnel entre les héros de la guerre et ceux des temps modernes.

Le défilé aérien sera quant à lui limité au survol d’un hélicoptère NH90 Caïman venu de la base aérienne de Coxyde et emmenant sous le fuselage un grand drapeau tricolore, puis de trois formations de trois avions de combat F-16 venus de la base de Florennes dont l’une "tirera" les couleurs nationales dans le ciel, selon un axe inhabituel, du sud vers le nord et non d’ouest en est, comme il est de tradition.

Selon la Force aérienne, les deux premières formations poursuivront ensuite leur route pour survoler les chefs-lieux de province en guise d’hommage aux efforts fournis par le personnel médical et la population belge durant la crise du coronavirus avant de regagner leur base d’attache.

La culture et les maisons de repos au programme du Roi

La famille royale presque au complet assistera à la cérémonie place des Palais.

Outre les festivités, la Fête nationale est l’occasion pour certain(e)s de saluer la famille royale. Un bain de foule pour la première fois interdit cette année. Le Roi a malgré tout tenu son traditionnel discours à 13h ce lundi. Aujourd'hui à 10h, il a donc assisté avec Mathilde et leurs quatre enfants au traditionnel Te Deum donné en comité restreint en la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule. 

Il s'est ensuite rendu à Bozar pour y découvrir la fresque murale de l’artiste bruxellois Dema One et rencontrer les jeunes qui l’ont réalisée. Le Roi prendra ensuite la direction de la place des Palais pour la cérémonie allégée prévue à 14 h en présence de la famille royale, quasi au complet. L’occasion de célébrer le 75e anniversaire de la Seconde Guerre mondiale et de rendre hommage aux héros de la crise du coronavirus. Deux thématiques sur lesquelles Philippe s’exprimera probablement lors de son discours.

© Belga

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En fin d’après-midi, le couple royal et leurs enfants visiteront deux maisons de repos et de soins, en hommage à ces institutions particulièrement touchées par la crise. Ils iront d’abord à la maison Cecilia à Alken, dans le Limbourg, puis à la maison de Mariemont, à Morlanwelz, dans le Hainaut.