Un bureau du MR décisif s'est tenu ce lundi dès 9h au siège du parti avenue de la Toison d'or. Les membres du bureau élargi présents à cette réunion (ministres, ex ministres, chefs de groupe et présidents de Fédération) devaient trancher de l'avenir de Georges-Louis Bouchez à la présidence du parti mais aussi de la future organisation interne. Le bureau s'est cloturé sur le coup de 14h. " On a eu 5 heures de discussions intenses qui se sont terminés positivement. On continue ce soir avec les parlementaires", nous indique Benoît Piedboeuf, chef de groupe MR à la Chambre.

Un deal a été trouvé: Georges-Louis Bouchez reste président du MR, mais avec un encadrement encore à définir. "Le chemin est tracé, on va trancher ce soir", résume un poids lourd. "lI est trop tôt pour dire que Bouchez est sauvé, même si on est sur la voie de l'apaisement."

"Un large débat a eu lieu où chacun s’est exprimé en toute transparence et en toute liberté", a communiqué le parti peu avant 15h. "A l’issue de celui-ci, une proposition globale a été émise reprenant des éléments forts d’organisation et de gouvernance. Le bureau a souhaité faire de ce moment de difficulté un moment fondateur et une opportunité de reconstruire l’avenir. "

Une réunion interparlementaire aura lieu ce soir à 21 heures pour discuter et se prononcer quant à cette piste en présence de tous les parlementaires. "A l’issue de celui-ci, la proposition leur sera soumise afin de l’enrichir de leur expertise et de se prononcer à son sujet", conclut le communiqué.

Willy Borsus, Sophie Wilmès, Pierre-Yves Jeholet et Georges-Louis Bouchez doivent rédiger cet après-midi une synthèse de la réunion de bureau avant de formaliser.

L'offensive de Denis Ducarme et de Jean-Luc Crucke

Durant cette réunion du bureau, les uns et les autres ont fait part de leur ressenti et ont déballé leurs griefs. "Il y a eu des moments de violence et de tension extrêmes", nous indique un membre du bureau.

Durant cette réunion, Denis Ducarme et Jean-Luc Crucke, mais aussi d'autres ténors, sont sortis du bois. lls ont pris la parole pour faire part de leur mécontentement. "Il faut passer d'un hyper président à un président", a déclaré Jean-Luc Crucke pendant le bureau lors d'une intervention très sèche. L'attaque de Denis Ducarme en particulier a été très franche. "Il a fait état d'une rupture totale de confiance", nous indique une source interne.

Wilmès et Borsus défendent Bouchez

Georges-Louis Bouchez ne s'est pas démonté et a refusé la perspective d'une démission. Sophie Wilmès, Vincent De Wolf, David Leisterh et Gérard Deprez se sont de leur côté placés en faveur de l’apaisement, suggérant de lui laisser une dernière chance. Le Montois de 34 ans a  présenté publiquement ses excuses sans ambiguïté.

"C'est Willy Borsus et Sophie Wilmès qui l'ont sauvé", nous indique une source favorable à la démission de Bouchez, ce que confirme plusieurs participants..

"Il ne s'agit pas forcément de soutien, plutôt de personnes qui veulent éviter un drame pour le parti", nuance une autre source bien informée.

"Pas un encadrement", selon les pro-Bouchez

Les nouvelles modalités de l'organisation interne seront donc proposées au groupe interparlementaire (qui réunit l'ensemble des députés ce soir). Les députés devront donc se positionner quant à cette proposition. Il devrait s'agir d'une réforme de la gouvernance dans le cadre de la réforme des statuts. "Le G5 ne se substituera pas au président mais serait là pour le challenger. C'est comme le G9 au PS, il ne s'agit pas d'un encadrement. Georges-Louis décide mais serait challenger par les autres", nous assure un pro-Bouchez.

Un G8 avec Ducarme, Bacquelaine et Crucke?

Cet G5 pourrait se transformer, selon certaines sources, en un G9 composé de Sophie Wilmès, Pierre-Yves Jeholet, Alexia Bertrand, Willy Borsus, mais aussi de Jean-Luc Crucke, Daniel Bacquelaine et Denis Ducarme, lesquels estiment avoir leur mot à dire dans la marche du parti. Les modalités ne sont toutefois pour l'instant par encore arrêtées. Ce n'est pas encore tranché.

Durant cette réunion, il a été reproché à Bouchez notamment d'avoir tenté d'offrir le poste de secrétaire d'Etat (qui finalement a été attribué à Mathieu Michel, frère de Charles Michel) à Jean-Jacques Cloquet, l'ancien patron de l'aéroport de Charleroi et actuel directeur opérationnel du parc zoologique Pairi Daïza. Un manque de concertation dans les décisions lui est reproché.

Charles Michel, dont beaucoup en interne ont vu l'influence sur les décisions des derniers jours, n'était pas présent lors de ce bureau.