Si les chiffres du coronavirus en Belgique incitent encore à la prudence, certains assouplissements doivent quand même pouvoir être discutés vendredi, lors du Comité de concertation, a affirmé lundi le ministre-président flamand Jan Jambon. "La prudence reste absolument à l'ordre du jour", a-t-il déclaré en marge d'une conférence de presse à Anvers.

Mais néanmoins, certains assouplissements doivent pouvoir être discutés, a poursuivi Jan Jambon en évoquant notamment l'appel des organisations de jeunes. "Les jeunes sont un groupe cible important. Nous savons tous à quel point c'est difficile pour eux en cette période", a-t-il dit.

Par contre, une réouverture de l'horeca semble prématurée. "J'espère du fond du coeur qu'on pourra rouvrir rapidement ce secteur mais avec les chiffres actuels qui ne vont pas dans la bonne direction, ce serait imprudent. On pourrait toutefois discuter de l'ouverture des terrasses raisonnablement vite", a conclu le ministre-président flamand.

"Des mesures d'assouplissement raisonnables"

Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet (MR) s'est quant à lui prononcé pour l'adoption de "mesures d'assouplissement raisonnables" vendredi. "Il faut rendre de la liberté à nos concitoyens et avoir des assouplissements progressifs dans l'ensemble des secteurs (relevant) de la Fédération Wallonie-Bruxelles", a commenté M. Jeholet en commission du Parlement où il était interrogé par Matthieu Daele (Ecolo) et Jean-Pierre Kerckhofs (PTB).

Le ministre-président estime notamment que les étudiants de l'enseignement supérieur devront retrouver leurs auditoires au plus tard le 15 mars prochain. Dans l'enseignement obligatoire, il souhaite que les élèves du secondaire retrouvent un enseignement à 100% en présentiel après les vacances de Pâques, dès le 19 avril donc.

M. Jeholet veut aussi que les limitations appliquées aux activités extrascolaires pour les jeunes soient réévaluées et plaide également pour des perspectives d'assouplissement pour les secteurs culturels et sportifs.

Tout en jugeant important de ne pas anéantir à rien les efforts consentis par les Belges depuis un an avec un relâchement trop hâtif, M. Jeholet estime cependant qu'on ne "peut plus rester sourd à ce que ressent la population", pointant notamment les dégâts en matière de santé mentale.

Dimanche, le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (sp.a) avait toutefois laissé entendre qu'il ne fallait pas s'attendre à des assouplissements notables vendredi.

"Nous avons construit une digue solide (face à la pandémie)", avait-il salué, avant d'ajouter: "Le problème se pose si on a des trous dans la digue".

"Mourir économiquement, c'est aussi une manière de mourir"

Le comité de concertation devra procéder à un exercice d'équilibre difficile vendredi, a quant à lui affirmé lundi le président de la N-VA, Bart De Wever. A ses yeux, il faudra prendre en compte la situation de secteurs comme celui de l'Horeca et le sort des jeunes. Tout dépendra de la courbe de l'épidémie et de la contagiosité du variant britannique du coronavirus, a souligné le député nationaliste et bourgmestre d'Anvers en marge d'une conférence de presse.

En tant que maïeur, il a entendu le signal des exploitants de l'Horeca de sa ville qui redoutent "un bain de sang s'ils devaient également louper les vacances de Pâques". "Mourir économiquement, c'est aussi une manière de mourir", a-t-il ajouté.

Choisir qui pourra reprendre ses activités et quand est un exercice difficile. "Si les plus de 65 ans sont vaccinés, la logique veut que la société puisse rouvrir, peut-être pas tout en même temps mais les choses principales d'abord. Je pense aux secteurs qui, économiquement, se vident de leur sang et aux jeunes. Ils doivent à nouveau pouvoir suivre les cours intégralement", a-t-il poursuivi.