Après 25 ans, les militaires n'ont pas oublié l'homme à la pipe

BRUXELLES `Nous l'aurions suivi au bout du monde.´ L'armée et VDB, c'est resté une longue histoire d'amour.

Témoignage, celui du colonel Dupont qui fut son chef de cabinet adjoint à la Défense nationale. `Un homme exceptionnel avec un caractère, une force de travail exceptionnels. Nos Forces armées ont eu la chance de l'avoir et je ne parle pas seulement du passé. Aujourd'hui encore, les F 16, les frégates, les M 113, c'est VDB. Du matériel valable était une obsession. Il répétait qu'en 39 on lui avait donné un fusil datant d'avant 14. Il ne voulait pas qu'en cas de conflit, nos soldats se retrouvent comme lui.´

Suivre VDB était exténuant. `C'était minimum 14 heures par jour. VDB arrivait à 7 h au cabinet, rue Lambermont. A ce moment, il avait déjà fait son tennis avec le général Jules Everaert. Il ne partait jamais avant 21 h.´ Et les coups de g `Pour le courrier, VDB dictait les idées fortes et laissait au secrétaire le soin de la rédaction. Malheur si la lettre n'était pas à la signature dans la demi-heure´, se rappelle-t-il, pensant à la fidèle secrétaire de VDB, à coup sûr très affectée aujourd'hui.

Un souvenir fort? `Mai 1977 L'évacuation des 2.200 Belges bloqués à Kolwezi´, lance le colonel qui a partagé, dans l'ombre du ministre, les secrets de l'époque. `Si VDB n'avait pas été là, le gouvernement en serait peut-être encore à se demander s'il faut envoyer nos paras´

Le sens de la parole. `Avec lui, il ne fallait pas d'écrit. Il était de ces gens pour qui une poignée de main valait plus que tous les papiers. VDB avait fait une promesse au général Roman qu'il n'a pu réaliser du vivant du général. Ce jour-là, nous nous sommes rendus sur la tombe. Seuls. VDB a déposé des fleurs pour montrer au général qu'il avait mis le temps mais qu'il avait tenu parole.´