Fermeture des écoles et des métiers de contacts, nouvelles restrictions pour les commerces dits "non-essentiels", restrictions des activités en extérieur et des activités extrascolaires, le comité de concertation du 24 mars dernier représentait un sacré retour en arrière dans les mesures visant à limiter la propagation du coronavirus. Certains ont même parlé d'un "troisième confinement".

C'est également ce qu'estime le collectif universitaire "covid rationnel", composé de médecins, de mathématiciens, d'ingénieurs, de virologues ou encore de politologues. Dans une étude publiée ce mardi concernant "l'impact du 3ème confinement belge", le collectif considère que les mesures restrictives prises pour contrer la troisième vague ont été prises trop tard pour avoir un réel effet sur le cours de l’épidémie. "Des éléments essentiels comme le pic épidémique sont arrivés de manière beaucoup trop rapprochée pour que les mesures prises le 24 mars aient un réel impact", ressort-il de l'étude.

Parmi les auteurs de cette étude, on retrouve notamment le politologue Vincent Laborderie (UCLouvain), le mathématicien Raphael Jungers (UCLouvain) ou encore la bioingénieure Christine Dupont (UCLouvain).

Le risque de la fermeture des écoles

Dans une seconde partie de l'analyse, le collectif d'experts revient sur le cas de la fermeture des écoles."Il apparaît que, contrairement à ce qui avait été avancé par certains, celle-ci n’est pas le moteur de l’épidémie", affirme-t-il. Celui-ci pointe au contraire un risque épidémiologique. "Cette fermeture conduit tant les parents que les élèves les plus âgés à adopter des comportements de substitution afin de s’adapter à la situation (ex.: faire garder les enfants par les grands-parents, voir ses amis en dehors du cadre scolaire, ...) qui sont potentiellement plus dangereux que le fait de laisser les écoles ouvertes".

Interrogé ce samedi par La Libre, l'épidémiologiste de l'ULB Yves Coppieters affirmait quant à lui que la fermeture des écoles était la mesure la plus efficace qui a été prise le 24 mars et que cette décision devrait avoir un vrai effet que l'on va pouvoir mesurer dès cette semaine.

Annulation et assouplissements des mesures

Le collectif regrette également la précipitation dans laquelle les dernières mesures ont été prises, "peu propice à une analyse rationnelle et prudente des données à disposition". Celui-ci plaide donc pour une annulation le plus rapidement possible de ces mesures ainsi que pour la mise en œuvre des assouplissements présentés comme étant l’objectif de ce troisième confinement, à savoir le retour en présentiel complet des écoles secondaires et l'ouverture de l’horeca le 1er mai.

Ces universitaires appellent également à changer de méthode dans la gestion de l’épidémie et dans la prise de décision "afin d’éviter que le reconfinement apparaisse comme la solution dès que les services hospitaliers sont sous tension".

Un nouveau comité de concertation doit se réunir ce mercredi 14 avril.