Ouiam Ziti est Marocaine. Actuellement étudiante en dentisterie en Roumanie, la jeune femme de 23 ans comptait passer les fêtes de fin d'année avec sa famille au Maroc. Mais, comme son pays a subitement fermé ses frontières à cause de la pandémie, elle a décidé de changer ses plans et de passer quelques jours chez son oncle, en Belgique, avant de rejoindre son frère jumeau en France. Mais tout ne s'est pas passé comme prévu, racontent nos confrères de la RTBF.

Le 13 décembre dernier, Ouiam Ziti atterrit à l'aéroport de Charleroi depuis la Roumanie. Même si elle montre son passeport marocain, son titre de séjour roumain et son visa Schengen, elle est immédiatement interrogée sur les raisons de sa venue en Belgique et est sommée de s'expliquer sur le fait qu'elle n'a pas de cash sur elle. "Je n'avais que 10 euros sur moi, mais j'avais ma carte de banque française, donc j'ai proposé qu'on m'accompagne à un point de retrait pour que je puisse lui prouver que j'avais de quoi subvenir à mes besoins", explique-t-elle. La loi prévoit en effet qu'il faut pouvoir justifier une somme de 45 euros par jour et par personne.

"Je n'ai tué personne"

Suite à son échange avec la police des douanes, et même si la jeune femme a indiqué disposer d'un garant en la personne de son oncle, un rapport est remis à l'Office des Etrangers, qui décide d'expulser l'étudiante. Celle-ci passera donc 11 jours dans le centre fermé La Caricole de Steenokkerzeel. "Je n'ai tué personne, je n'ai volé personne. Je viens pour passer les fêtes de fin d'année avec ma famille et je suis traitée comme une criminelle."

Interrogé par la RTBF, l'Office des Etrangers explique que "l'étudiante ne remplissait pas les conditions pour pouvoir rentrer en Belgique". "Elle dispose d'un visa touristique délivré par la France. Le but de son séjour doit être en France. Or, elle a déclaré qu'elle comptait rester 22 jours en Belgique." L'étudiante, elle, réfute cette version des faits. Selon elle, elle a seulement indiqué que son vol retour vers la Roumanie était le 3 janvier. "Mais je comptais ne passer que 2-3 jours en Belgique. Puis j'allais rejoindre mon frère en France."

La jeune femme a finalement passé les fêtes de fin d'année toute seule, sans ses proches. Mais, ce qui l'inquiète surtout, c'est l'abrogation de son visa Schengen. "J'étudie dans une université roumaine. Je vais devoir faire des stages en France et en Belgique. Comment vais-je faire sans visa?" 

Expulsée vers la Roumanie ce vendredi 24 décembre aux alentours de 14h30, l'étudiante a déjà annoncé vouloir se battre avec son avocat pour récupérer son visa.