La Belgique fait face à une seconde vague de l'épidémie de coronavirus que le pays peine à contrôler. Pour y faire face, les autorités ont décidé de resserrer la vis, réduisant la bulle de contacts et imposant de nouvelles restrictions dans les cafés. Le lancement de l'application "coronalert" en ce début de mois d'octobre doit également aider le gouvernement à juguler la hausse inquiétante du nombre de contaminations au Covid-19. Mais, selon le virologue japonais Hitoshi Oshitani, le tracing en Belgique n'est pas efficace. "La plupart des gens ne transmettent pas le virus à un contact à haut risque, donc la Belgique n'identifie pas les cas les plus importants", a détaillé l'expert qui oeuvre dans son pays à l'élaboration de la politique sanitaire, à nos confrères du Standaard. Selon lui, l'important n'est pas tant de connaître les contacts d'une personne, mais surtout de découvrir l'endroit où elle a été infectée. "Au Japon, nous recherchons des caractéristiques communes entre les cas, a-t-il précisé. Les gens sont interrogés sur leurs activités, et en particulier s'ils ont visité un environnement à risque. Cela dépend de trois facteurs: est-ce un environnement fermé, densément peuplé et avec des contacts étroits?" 

Cette façon de faire permettrait d'identifier les clusters de contaminations, véritable fléau de la lutte contre le coronavirus. "On peut ainsi empêcher, en identifiant les personnes de ce cluster, qu'elles infectent à leur tour d'autres personnes", a expliqué M. Oshitani au Standaard

Le Japon a misé sur cette stratégie dès les prémices de l'épidémie. À ce jour, le pays estime d'ailleurs qu'elle a porté ses fruits. Les derniers chiffres sont en effet peu élevés, en comparaison avec la plupart des pays européens. Mais le virologue japonais a reconnu que l'épidémie n'a pas éclaté partout de la même façon. Raison pour laquelle la gestion de la crise a différé d'un pays à l'autre.

Il a malgré tout estimé que la stratégie belge n'était peut-être pas la meilleure, pointant du doigt la fermeture de l'horeca. Selon lui, elle est certes efficace à court terme, mais pas à long terme. "Il faut trouver des solutions sans devoir arriver à une fermeture", a conclu le spécialiste.