Il aurait favorisé la naturalisation de mafieux russes

ANVERS La police judiciaire d'Anvers, à la requête du juge d'instruction Van Wambeke, a perquisitionné mercredi dans le bureau d'un fonctionnaire de la Chambre, chargé de mettre en état les dossiers de naturalisations soumis ensuite aux 9 parlementaires de la commission des naturalisations, présidée par Claude Eerdekens.

Selon l'accusation, qui travaille sur ce dossier depuis plusieurs mois, plusieurs dizaines d'affaires auraient été mises au jour: 80 à 90 dossiers concernant pour l'essentiel des ressortissants de l'ex-URSS, soupçonnés d'appartenir à la mafia, ont d'ailleurs été saisis par la police fédérale.

Les autorités judiciaires anversoises ont été particulièrement scandalisées de constater que malgré des rapports négatifs du parquet d'Anvers et de la Sûreté de l'Etat, ce fonctionnaire avait donné à la commission un avis positif. `Les dossiers qui nous sont transmis avec un avis positif ne font plus l'objet de débat au sein de la commission´ explique Claude Eerdekens. `Nous ne nous penchons plus que sur les autres dossiers. Il est impossible de travailler autrement. Quelques 15.000 dossiers ont en effet été examinés en 2000.´

Le fonctionnaire mis en cause l'un des 22 travaillant pour la commission a été longuement entendu par le juge d'instruction: il a admis avoir reçu des sommes d'argent d'un membre du milieu. Il a été inculpé de corruption passive et remis en liberté tandis que son corrupteur était inculpé de corruption active.

Ce n'est pas la première fois que la mafia russe est accusée de corrompre des fonctionnaires en Belgique: l'ex-super-flic de la 23e brigade, Pierre Delilez, fait l'objet d'une instruction de cette nature (le parquet a demandé de nouveaux devoirs).