Les quotidiens belges sont revenus sur le dénouement de la chasse à l'homme qui durait maintenant depuis plus d'un mois en Belgique. Bien que chacun déplore la mort d'un homme et adresse ses condoléances à ses proches, le soulagement d'une issue sans davantage de victimes se ressent également. En outre, il apparait que de nombreuses leçons restent à tirer de cette enquête.

Dans nos colonnes, nous constatons que cette traque a été "un incroyable échec", alors que le militaire sympathisant de l’extrême droite a été retrouvé à l'endroit-même où il avait tant été recherché. Plusieurs sentiments s'entrechoquent. Le soulagement d’abord. "Il n’est pas question de se réjouir de la mort d’un père qui avait vrillé. Mais il faut se satisfaire du fait qu’un professionnel armé qu’on disait aussi déterminé, aussi entraîné, aussi dangereux, n’ait finalement causé de mal à personne", soulignons-nous dans notre édito. 

Het Belang van Limburg, le quotidien de la région où s'est déroulée la majorité des fouilles tire un premier bilan de cette chasse à l'homme. "L'affaire Conings n'a que des perdants", titre le quotidien. Qu'il s'agisse de l'ancien militaire décédé et de sa famille, de l'armée qui a déboursé plus d'un million d'euros pour que le corps soit finalement retrouvé par "un bourgmestre à vélo", ou encore de notre société qui a à nouveau été fort divisée sur le sujet. "La polarisation et la discorde de notre société sont remontées à la surface une fois de plus", estime l'éditorialiste.

"Dommage", regrette Het Nieuwsblad. Selon le quotidien flamand, retrouver Jürgen Coning vivant aurait pu fournir une richesse d'informations sur la façon dont il a été radicalisé et dont il communiquait avec ses partisans mais également clarifier la manière dont nous devrions mieux soutenir les soldats après des expériences traumatisantes à l'étranger.

Les journaux du groupe Sudpresse partagent ce soulagement mais déplorent le fonctionnement des institutions dans cette affaire. "Il aurait pu commettre un massacre : il n’a pas eu lieu. C’est la seule chose (et elle est essentielle) dont on peut se réjouir aujourd’hui. Le reste ressemble à une addition d’échecs."

La menace de l'extrême droite

"Ce qui n'est pas approprié pour ce dénouement dramatique, c'est de minimiser les faits ou de relativiser les intentions de Jürgen Conings", avertit De Standaard. Le quotidien flamand déplore les pensées conspirationnistes de ces dernières heures sur les circonstances de la mort du militaire. Sur les réseaux sociaux, mais aussi jusque dans les rangs du parlement. "La menace de l'extrême droite n'était pas du tout "prétendue", ni "artificiellement gonflée pour frapper le Vlaams Belang", comme l'a tweeté Filip Dewinter, membre du Parlement flamand", souligne l'éditorialiste qui estime que "chaque parti qui se dit démocratique condamne sans équivoque toutes les formes d'extrémisme violent, quel que soit le coin d'où il vient".

Un danger également pointé par le journal Le Soir. "La menace "Jürgen Conings" est levée, pas celle de l’extrême droite", rappelle-t-il. Celle-ci s'est en effet révélée au grand jour au sein de l'armée. "Il s’agira de la tenir sous haute surveillance et surtout de prévenir la "contamination", prévient le quotidien qui constate d'ailleurs que l’armée n’est pas la seule concernée par cette montée de l’extrémisme de droite, au vu du soutien populaire reçu par le militaire. Selon l'éditorialiste, "Jürgen Conings est hélas l’avertissement, pas l’épilogue de ce noir chapitre".