Ce lundi 2 novembre, la Belgique entrera dans un nouveau confinement. Comme l'a annoncé Alexander De Croo au terme du comité de concertation de ce vendredi, vont entrer en vigueur sur tout le territoire ce que le Premier ministre a estimé être "les mesures de la dernière chance". Les commerces non-essentiels devront ainsi fermer leurs portes, certaines écoles devront davantage jouer sur les cours à distance et les Belges verront leur vie sociale quasiment disparaître. Des restrictions très dures mais qui ont, ce samedi matin, récolté l'approbation de tous les médias francophones, regrettant toutefois presque à l'unisson que l'on ait tant tardé avant de reprendre le contrôle de la situation.

Dans la DH, nous estimons que "l'horizon apparaît aussi sombre que cette météo de Toussaint". Notre éditorialiste souligne la nécessité d'adopter ces mesures strictes, mais n'en craint pas moins l'impact qu'elles auront tant au niveau de notre économie que de notre moral. "C’est un long hiver qui commence aujourd’hui. Seul le retour des beaux jours semble pouvoir apporter une accalmie avec des températures moins favorables au virus comme on a pu le voir cet été. Un répit qui permettrait d’attendre l’arrivée du vaccin tant espéré", conclut-on.

Nos confrères de La Libre Belgique insistent eux sur la gravité de la situation, qui est bien pire qu'au printemps. "Il était plus que temps d'agir [...] Les autorités du pays, enfin sur la même longueur d'onde dans les trois régions, ont pris des mesures dures, très dures, mais inévitables." Pour La Libre, le plus compliqué sera de se priver des autres, "de garder nos portes fermées à notre famille et nos amis". "Nous allons encore devoir vivre loin des autres, cloisonnés, cloîtrés. Quelle poisse". Nos confrères soulignent qu'il n'y a plus d'autre option au vu des informations alarmantes rapportées quotidiennement: "Nous devons combattre ensemble ce virus et dans un seul esprit: l'unité [...] Si ce virus a révélé nos paradoxes, nos faiblesses, s'il a mis à l'épreuve notre patience, il a aussi fait briller ce que l'homme a de plus beau, de plus fort: l'amour des autres."

"Un triple salto demandé à la société"

Même son de cloche dans Le Soir qui estime à son tour que la Belgique "n'a pas le choix". "Personne n'est surpris, écrit le média. Nous sommes assommés, en même temps que soulagés et inquiets. Soulagés de voir les mesures fortes prises enfin et de façon commune et simultanée, mais très inquiets d'entendre le Premier ministre parler de 'mesures de la dernière chance'". Face à cette formulation d'Alexander De Croo, le quotidien se demande ce qu'il pourrait y avoir dès lors après ces nouvelles décisions ? Le Soir pointe également la façon dont la situation s'est dégradée sous les yeux d'autorités impuissantes. "Nous avons pris du retard et laissé la situation nous échapper, fustige le journal. Ce sera un problème qui reste inexplicable et inacceptable, mais qui sera à discuter plus tard." Le mot d'ordre est désormais l'unité, selon Le Soir, qui salue par ailleurs celle affichée par les responsables politiques ce vendredi, même si elle "signe un échec".

L'Echo compare ce nouveau confinement "qui sera long et douloureux" à un grand plongeon, que l'on voulait à tout prix éviter. "C’est même un triple salto que la société doit à nouveau réaliser", continue le quotidien financier, faisant référence au volet sanitaire, social et économique. Mais si L'Echo conçoit que la Belgique n'est pas le seul pays à reconfiner, il n'en écarte pas moins une certaine responsabilité du pays. "Echec généralisé, mais échec quand même", écrit le journal, qui invite tout un chacun à se serrer les coudes pour garder la tête hors de l'eau.

Notre pays "a évité l'erreur fatale ce vendredi soir"

Enfin, la Capitale estime quant à elle que notre pays "a évité l'erreur fatale ce vendredi soir". "Dans une sorte de sursaut, de réflexe de survie, nos différents gouvernements ont finalement entendu l’appel des experts scientifiques et le désarroi de l’opinion publique qui avait comme une impression d’évaporation de notre classe politique et de notre pays", explique le journal. Selon le média, les mesures sont certes très strictes, mais "pas aussi dures et contraignantes que certains le craignaient". "Une nouvelle fois, la Belgique mise sur nous, sur notre sens des responsabilités, sur notre capacité à gagner ensemble cette bataille contre le coronavirus", pointe la Capitale.