Un médecin généraliste de 62 ans est outré par le manque de masques et de matériel de protection. Son neveu et sa nièce, assistants, ont été contaminés par le coronavirus. Lui-même n'a reçu qu'un seul masque pour effectuer plusieurs nuits au poste médicale de garde.

La pénurie de masques et de matériel médical constitue l’une des principales problématiques auxquelles se trouve confronté le milieu médical dans les hôpitaux, mais aussi sur le terrain, dans les villes et villages.

Un médecin généraliste pousse un coup de gueule. “Je me suis rendu au poste médical de garde ce samedi, ce dimanche et j’y retourne ce lundi. Je n’ai reçu qu’un seul masque pour prester douze heures ! Alors que chaque médecin sait que c’est insuffisant. Dans la pratique, un masque, ça devrait être utilisé comme un kleenex pour éviter les contaminations. Il nous faut des masques. Avant de recevoir ce masque, j’étais forcé de fonctionner avec un masque de menuiserie. On n’a rien reçu”, s’insurge ce médecin de 62 ans, qui exerce en centre Ardennes mais préfère garder l'anonymat. 

“Pour nous, ce n’est pas le plus grave", ajoute-t-il. "On réalise la plupart de nos consultations par téléphone, on y passe sa vie et on ne gagne pas un franc ces semaines-ci mais ce n’est pas grave. Moi, j’ai un neveu et une nièce qui sont assistants. Il y a trois semaines, ils ont été envoyés au casse-pipe, pour soigner des patients atteints du Covid-19. Ils n’avaient pas les protections nécessaires, manquaient de masques. Alors qu’on savait déjà ce qu’il s’était passé en Chine, ce qui arrivait en Italie... Ils ont tous deux été testés positifs au coronavirus.”

Fort heureusement, les deux jeunes assistants en médecine se sont bien remis de la maladie après quelques jours de fièvre. “En attendant, c’est leur maître de stage qui a touché les 800 € de prestations pour le travail qu’ils avaient effectué dans des conditions indignes. C’est la loi, mais tout cela me révolte. C’est la même chose pour ces jeunes étudiantes infirmières, dont beaucoup de Françaises, qu’on va lancer dans la bagarre pour des clopinettes. On les envoie dans la fosse sans les protéger”, reprend ce généraliste. “Tous les médecins devraient être masqués, le personnel soignant, et plus largement, toute la population. Or, cela fait quatre semaines que l’on commande et recherche des masques et on ne voit presque rien arriver. Je suis convaincu que 30 % des médecins sont porteurs désormais. Personnellement, je pense que je l’ai attrapé, même si je n’ai pas pu me faire tester. Le 4 mars, nous avons eu une réunion à 20 médecins de la région. 7 ont par la suite attrapé le coronavirus.”

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