"Je suis bien conscient des responsabilités qui reposent sur moi, je continuerai à m’investir avec tout mon cœur." Jeudi 4 juillet, première sortie du prince Philippe après l’annonce de l’abdication du roi Albert II. Le futur Souverain ne se dérobe pas face aux questions de la presse mais il démontre qu’il s’est déjà bien imprégné de sa nouvelle mission tout en retenue.

Après ce week-end de festivités, d’émotions et de devoir, le roi Philippe ne bouclera pas immédiatement ses bagages pour quelques semaines de vacances.

Que du contraire, cette journée de lundi s’annonce chargée pour le nouveau Roi.

Ce matin, comme ses prédécesseurs, il recevra le chef du gouvernement Elio Di Rupo. Une audience au cours de laquelle le Premier ministre viendra remettre sa démission entre les mains du Souverain qui… la refusera illico avant de confirmer le gouvernement en place.

Cette démarche tient de l’usage et non de l’obligation légale. Il s’agit d’un geste de courtoisie qui offre, en façade, la possibilité au Roi d’apprécier l’équipe mise en place par son prédécesseur. En réalité, cette tradition est issue de l’article de la Constitution qui prévoit que le Roi nomme et révoque ses ministres. Dans les faits, on sait qu’il n’en est rien et que ce jeu appartient dans ses grandes lignes aux partis politiques.

En 1993, quand Albert II arriva sur le trône, Jean-Luc Dehaene dirigeait un gouvernement composé de socialistes et de sociaux-chrétiens qui rempilèrent sans coup férir.

Le roi Philippe devrait donc respecter la tradition d’autant que l’équipe en place a encore pas mal de pain sur la planche en prévision du prochain scrutin législatif du 25 mai 2014.

Dans la foulée du Premier ministre, le roi Philippe recevra André Flahaut (président de la Chambre) et Sabine de Béthune (présidente du Sénat). Ce sera donc au tour du législatif d’être salué par le nouveau Souverain.

La matinée se terminera au château de Laeken avec un déjeuner qui réunira tous les membres du gouvernement fédéral autour du nouveau couple royal. On repasse donc les couverts, une semaine après le déjeuner d’au revoir d’Albert II.

Philippe n’en aura pas encore fini. Il a déclaré dans son discours d’intronisation qu’il voulait des contacts avec les pouvoirs fédérés, il passera de la parole aux actes en rencontrant les présidents des Conseils et les gouvernements des Communautés et Régions. Ces rencontres siffleront la fin de sa première journée royale.

C’est aussi ce lundi que l’on devrait y voir plus clair dans l’entourage du nouveau Roi. Si on sait que Jacques van Ypersele de Strihou, l’éminence grise d’Albert pendant ses 20 ans de règne (élevé au rang de ministre d’État), sera remplacé par Frans van Daele au poste de chef de cabinet, quelques cases doivent encore être remplies.