Belgique

"On avait déjà un demi-gouvernement, nous voilà avec un Premier ministre à mi-temps", ironise lundi Ecolo alors que le MR a annoncé que Charles Michel assurera la présidence du MR jusqu'à l'issue des élections de mai prochain. "Quand on exige légitimement des fonctionnaires une apparence de neutralité, comment comprendre et accepter que la Belgique est désormais, officiellement et formellement, dirigée par le chef du MR? ", s'interroge la co-présidente des écologistes, Zakia Khattabi.

"Quand on s'engage dans des fonctions aussi importantes, c'est jusqu'au bout, pas pour quitter le navire avant la fin, et alors qu'il y a de nombreux dossiers nécessitant une réponse rapide, en matière sociale, économique ou climatique", ajoute-t-elle.

Et Ecolo de rappeler que le bureau du MR a assuré, la semaine passée, qu'il cosignerait la Loi-Climat, celle-ci pouvant encore être votée avant la fin de législature à condition d'obtenir une majorité des 2/3. "Nous attendons donc maintenant que le nouveau président du MR mette tout son poids pour convaincre le Premier Ministre, et que le changement s'amorce enfin", souligne encore Zakia Khattaby.

"Premier ministre, ce n'est quand même pas un emploi à temps partiel", renchérit pour sa part le député Groen Kristof Calvo. "Avec un Premier ministre président de parti, les affaires courantes seront une campagne électorale permanente", craint-il enfin.

"Un abandon de poste", dénonce le PS

Pour le PS, le fait que Charles Michel occupe la présidence du MR constitue "un abandon de poste" et témoigne de la "piètre image" que le Premier ministre a de sa fonction, a dénoncé le chef de groupe des socialistes à la Chambre, Ahmed Laaouej. "Premier ministre, c'est un emploi à temps plein. Il n'est pas acceptable que Charles Michel règle les problèmes du MR sur le dos du gouvernement et de son fonctionnement", a-t-il ajouté.

Selon le PS, se pose également la question de la représentation internationale de la Belgique. "A l'étranger, Charles Michel représentera-t-il le pays ou défendra-t-il les intérêts de son parti. Cette situation brouille l'image et c'est plus que problématique", a conclu Ahmed Laaouej.

Le cdH monte au créneau 

"Charles Michel privilégie les intérêts du MR plutôt que ceux de tous les Belges", a dénoncé, lundi, la députée cdH Catherine Fonck. "Qui peut croire que le gouvernement fédéral peut fonctionner avec un président de parti accaparé par la campagne électorale? Est-ce bien responsable face aux dossiers urgents tels que le climat, l'AIP, la santé, les métiers pénibles ou l'énergie", s'est-elle interrogée sur Twitter.