Si un contrôle plus strict des mesures déjà d'application a été mis en place par le Comité de concertation ce vendredi, aucune autre nouvelle restriction n'a été mise en place. Un choix que Dirk Devroey, professeur en médecine générale à la VUB, regrette. "J’entends les experts dire que nous avons atteint un point dangereux, que nous nous dirigeons vers le début d’une troisième vague (...) J’espérais donc des mesures plus strictes pour éviter que les hôpitaux ne soient saturés dans six semaines. L’augmentation est difficile à contenir", confie-t-il à nos confrères de Het Laatste Nieuws.

Il déplore notamment que le couvre-feu à 22h ne soit pas d'application en Flandre, où les chiffres ont tendance à être plus élevés que dans les autres Régions. L'interdiction de voyager aurait également dû être mise sur la table selon le professeur. Actuellement, le gouvernement se contente de déconseiller fortement les déplacements à l'étranger. En cas de voyage, les Belges doivent seulement indiquer les modalités de leur déplacement sur le Passenger Location Form et ne seront placés en quarantaine que si le risque est jugé sérieux. Des mesures qui ne sont pas suffisantes pour Dirk Devroey: "On sait tous que beaucoup de gens ne vont pas signaler leurs comportements à risque pour éviter la quarantaine". Pour lui, le gouvernement fait le pari d'attendre pour agir et un tel choix pourrait se révéler dangereux.

A partir de ce lundi, les écoles resteront fermées pour deux semaines en raison des vacances de Noël. Malgré cette fermeture, le professeur craint une troisième vague. "Je sais pertinemment que des personnes vont de toute façon inviter des membres de leur famille chez elles et les mesures ne seront pas respectées (...) Il peut y avoir une étincelle qui met le feu aux poudres et nous pourrions avoir un pic comme en octobre. Si nous restons davantage chez nous, nous pouvons descendre à un niveau confortable. Nous sommes dans une impasse. Ce demi-lockdown est bien pire qu’un lockdown total”.

Pour Dirk Devroey, compter sur la bonne volonté des gens n'est pas suffisant. Fermer les entreprises et les magasins est la seule solution selon lui pour éviter le pire. "Ces dernières semaines de l’année, l’activité des entreprises est déjà limitée de toute façon. Il faut saisir l’occasion pour dire: nous fermons les entreprises, nous restons chez nous".