Le comité de concertation l'a annoncé en milieu de journée ce mercredi, les commerces "non-essentiels" seront fermés pour au moins un mois, sauf sur rendez-vous. Au sein du Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI), c'est la colère qui domine, "presque le dégoût".

"Où sont les chiffres de contamination ? Nous demandons des données noir sur blanc qui montrent que c'est dans les commerces et les métiers de contacts que le virus circule le plus", s'énerve Olivier Maüen, chargé de la communication du SNI. "Et nous savons que ce n'est pas le cas, puisque c'est dans les établissements scolaires que les contaminations se multiplient".

Les écoles fermées trop tard

Pour le SNI, bien que beaucoup de cours soient donnés en distanciel dans le secondaire et les universités, c'est bien dans la sphère des étudiants et des écoliers que le virus circule le plus. "Les écoles n'ont pas été fermées depuis le premier confinement. Une fermeture seulement maintenant juste avant les vacances de Pâques a été décidée trop tard, au détriment des commerces 'non-essentiels' qui sont de véritables boucs émissaires".

Selon le SNI, près de 130 000 commerces dits "non-essentiels" et métiers de contacts vont devoir fermer, ce qui replongerait plus de 250 000 familles dans la précarité financière. "A la réouverture partielle de commerces mi-février, et d'autres début mars, on nous avait promis qu'il n'y aurait pas d'effet yoyo", conclut avec colère Olivier Maüen. "C'est pourtant bien le cas, puisqu'à peine quelques semaines plus tard il faut déjà refermer. La situation est véritablement catastrophique pour les commerçants que l'on ne respecte pas. C'est un scandale"

Et la courbe exponentielle de la vaccination ?

La Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) constate que la nouvelle recrudescence de l’épidémie impose la prise de mesures supplémentaires. Mais les nouvelles mesures de durcissement frappent particulièrement les entreprises. Elle émet aussi de sérieux doutes quant à l’efficacité des nouvelles restrictions imposées aux commerces non essentiels. "Depuis la réouverture des commerces non essentiels en décembre, nous n’avons pas constaté d’augmentation significative du nombre de cas de coronavirus dans les mois qui ont suivi... jusqu’à ce qu’on augmente la bulle extérieure à 10", explique la FEB.

"Plutôt que la courbe de contamination, nous préférerions voir croître de manière exponentielle la courbe de vaccination", a réagi Pieter Timmermans, CEO de la FEB. "Seule une stratégie de vaccination accélérée permettra de garantir la perspective promise d’une normalisation de l’économie à partir du 1er mai."

"Le commerce doit payer le prix de l'échec de la politique gouvernementale", selon Comeos

La décision du comité de concertation de limiter drastiquement le shopping dans les magasins non essentiels à partir de samedi est une douche froide pour le secteur, a réagi mercredi Comeos, la fédération du commerce et des services. "Les magasins n'ont jamais été des foyers de contamination et doivent se réorganiser pour la troisième fois. C'est incompréhensible", fustige-t-elle.

"La Belgique est le seul pays où faire ses courses seul(e) est obligatoire. Nous avons les mesures d'hygiène et de sécurité les plus strictes: nous limitons le nombre de clients dans le magasin, tout le monde porte un masque, des produits désinfectants sont à disposition. Cela fait des mois que ces mesures sont appliquées à la lettre et il n'y a aucun problème, même en période d'affluence comme les fêtes de fin d'années ou les soldes", souligne Dominique Michel, CEO de Comeos.

Pour la fédération, il est nécessaire d'accélérer la campagne de vaccination. "Plus d'un demi-million de vaccins sont au frigo. Comment le gouvernement peut-il trouver normal qu'on vaccine moins le dimanche? C'est pourtant la réalité en Belgique. Le pays est en flammes, mais on n'éteint pas de feu le dimanche. De plus, il n'y a encore aucune clarification quant aux autotests, et le traçage des contacts n'est toujours pas au point après un an. C'est la responsabilité du gouvernement", pointe Dominique Michel.

Comeos estime aussi que le shopping sur rendez-vous n'est pas rentable pour beaucoup de commerces.